Actuellement pour construire sur un site classé, il faut une autorisation du ministère de la Transition écologique. Un décret du gouvernement en préparation prévoit d’attribuer ce pouvoir aux préfets, au nom de la décentration et de la simplification administratives. Paradoxale à l’heure où le gouvernement, par la voix d’Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique, présente au 38e Congrés des réserves naturelles à Briançon, annonce son souhait d’étendre les réserves naturelles ! Le Réseau des Grands Sites de France, ainsi que trois autres associations, l’Association des biens français du patrimoine mondial, la Fédération des Parcs naturels régionaux, et Sites & Cités remarquables de France montent au créneau pour dénoncer ce projet.

Selon ces associations environnementales, ce serait la porte ouverte aux grands aménageurs et à leur lobbying sur les élus locaux, promettant recettes supplémentaires et emplois à la clé des aménagements. « Le régime des autorisations en site classé repose sur une servitude centenaire qui a prouvé son efficacité pour sauvegarder et garantir la qualité et la pérennité des paysages les plus exceptionnels de la nation, bien commun contribuant à l’identité, à la reconnaissance de la France sur le plan international », martèlent-elles. Notre pays compte environ 2700 sites classés représentant moins de 2% du territoire national. Les générations futures pourront-elles profiter de ces paysages remarquables si à l’avenir ils ne sont plus aussi bien protégés ?