Dans la cour d’honneur d’Alpexpo où il était installé depuis le Salon du bois dans une version moins aboutie, le nouveau refuge de l’Aigle, a  fait un carton lors de Mountain Planet. Certifié 100% bois des Alpes, le remplaçant de l’hébergement mythique perché à 3440 m sur le pic de l’Aigle depuis 1911, s’exposait au grand public, avant de se dresser, en juin, sur les hauteurs de la commune de La Grave-La Meije, pour une ouverture aux alpinistes courant juillet, si la météo ne vient pas perturber le timing ! Chacun a pu constater combien le nouveau bâtiment a su conserver l’esprit cabane de son aîné centenaire, tout en étant plus fonctionnel pour les 30 personnes qui peuvent désormais y dormir, contre 18 auparavant. Son gardien va aussi pouvoir bénéficier d’une petite chambre indépendante et d’une douche.
A l’intérieur, près d’un tiers du bois de l’ancien refuge a été réutilisé. La patine ayant fait son oeuvre, il est pour l’instant facile de repérer les parties nouvelles et les plus anciennes. « Notamment les châlits sur lesquels ont dormi les plus grands alpinistes du 20e siècle », souligne Jacques Felix-Faure, l’architecte ayant conçu le projet. Il a privilégié une configuration à l’ancienne, avec une salle unique abritant les châlits et les tables à manger. Les visiteurs du slon ont aussi pu voir une partie de sa parure extérieure en aluminium, seul matériau capable de résister aux conditions extrêmes de la haute montagne.

Un modèle pour l’avenir
Si la matière première des panneaux de bois lamellé-collé utilisés pour la structure du refuge, provient bien des forêts de l’Isère et des Savoie, les panneaux eux, ont été fabriqués par une entreprise autrichienne, faute d’une filière industrielle maîtrisant ce savoir-faire en France. Le refuge de l’Aigle montre la voie pour créer en France ce savoir-faire spécifique, et assurer de nouveaux débouchés à la filière bois tricolore en général, et alpine en particulier. Désormais, à l’aune de la signature d’une convention entre FFCAM et l’association Bois des Alpes, tous les éléments bois nécessaires à la rénovation ouà  la construction des refuges de la FFCAM proviendront des forêts alpines environnantes.

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