La Société des Montagnes de l’Arc (SMA), exploitant du domaine skiable des Arcs, devrait obtenir au premier trimestre 2008 la certification Qualité Sécurité Environnement (QSE). Quels sont les critères à respecter et les implications concrètes de cette démarche pour la station ? Eléments de réponse avec Emilie Dupin, animateur QSE à la SMA.

S’assurer de la satisfaction des clients du domaine skiable, s’engager dans des démarches de développement durable et mettre en œuvre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité du personnel, tels sont les trois objectifs majeurs poursuivis par la certification QSE. Pour l’obtenir, une station de ski doit satisfaire aux normes ISO 9001 pour la qualité (c’est déjà le cas de la SMA depuis six ans), ISO 14001 pour l’environnement et à la réglementation OHSAS 18001 pour la sécurité. « Pour la qualité et l’environnement, il n’y a pas de minimum requis au départ. L’obtention d’une norme ISO récompense une amélioration continue dans ces domaines, note Emilie Dupin. Pour la sécurité, c’est différent : on ne peut être certifié OHSAS 18001 que si on respecte d’emblée un ensemble de mesures imposées par la réglementation française en la matière. On ne peut pas descendre en dessous d’un certain seuil ».
Voilà pour la théorie. Mais quelles sont les implications concrètes de ces normes ? Pour la qualité, la SMA réalise régulièrement des enquêtes de satisfaction de la clientèle, afin de mieux cerner ses attentes. En ce qui concerne l’environnement, la SMA va par exemple réaménager les « stations services » pour ses dameuses, en installant notamment un système de récupération des hydrocarbures. Au niveau de la sécurité, les questions du levage, de la manutention, de la prévention des incendies ou encore du travail en hauteur sont au centre des réflexions de l’exploitant du domaine skiable des Arcs. « La réglementation sur le travail en hauteur a changé récemment. Si des employés doivent monter sur un pylône pour effectuer de la maintenance, ils doivent désormais être assurés avec un système de double longe, au lieu d’une longe simple auparavant. Ce qui veut dire qu’il va falloir investir pour renouveler notre parc d’équipements de protection individuelle », explique Emilie Dupin.

Contrôle rigoureux

Certaines mesures pouvant être très coûteuses, les stations n’ont pas l’obligation de les réaliser dans l’immédiat. « Mais on ne peut être certifié que si on budgète toutes les actions à mettre en œuvre, précise l’animateur QSE de la SMA Nous avons ensuite trois ans pour les réaliser concrètement. » Si la certification QSE est normalement valable pour une durée de trois ans, des audits sont néanmoins réalisés tous les ans, voire tous les six mois afin de vérifier le respect des critères. Et, comme le rappelle Emilie Dupin, « si l’auditeur constate des manquements, la certification QSE peut à tout moment être retirée. Autant dire que le plus difficile n’est pas d’obtenir la certification QSE, mais de la garder. »
Reste maintenant à savoir ce qu’apporte à la station une certification QSE. Réponse d’Emilie Dupin : « Nous pourrons véritablement communiquer sur nos actions dans les domaines de la qualité, de la sécurité et de l’environnement à partir du moment où nous seront officiellement certifiés QSE ». Mais les bénéfices ne se mesurent pas seulement en termes d’images : « De nombreux tours opérators, notamment scandinaves, attachent une importance accrue à ces certifications, en particulier pour les questions d’environnement. La certification QSE pourrait donc nous rendre plus attractifs à leurs yeux », conclut Emilie Dupin.

Martin Léger