Les Conseils généraux de l’Isère, de la Savoie et de la Haute-Savoie participent à la protection de nombreux milieux naturels remarquables de leur territoire. A la belle saison, ces Espaces Naturels Sensibles s’ouvrent au public pour qu’il se les approprie afin de mieux les protéger. A visiter seul ou avec un guide-nature, dans le cadre des multiples programmes d’animations, organisés avec les associations en charge de ces lieux fragiles. Zoom sur le Marais de l’Enfer, situé sur la commune de Saint-Jorioz, en rive ouest du lac d’Annecy.

Avec sa roselière, il fait partie des cinq sites de la cluse du lac haut-savoyard en zone Natura 2000. Depuis 2002, c’est le Conservatoire du littoral qui en est le propriétaire principal, détenant 25 ha d’une zone couvrant  au total 80 ha. Le Conseil général de la Haute-Savoie a alloué quelque 275 000 € à cet établissement public pour faire l’acquisition foncière des lieux, dont le montant total avoisine 1,3 millions d’euros. Il faut savoir que le Conservatoire n’intervient pas que sur la frange marine du pays, mais également sur les rives d’une vingtaine de grands lacs français.

L’activité agricole garante de la biodiversité

Le site haut-savoyard comprend le marais lui-même, sa roselière et la dernière coupure verte agricole du lac d’Annecy. Elle est exploitée par le GAEC du Laudon, qui compte 150 vaches laitières pour la fabrication du reblochon. L’exploitation agricole est composée de prairies de fauche et de bâtiments agricoles, dont la ferme dite Caillès. Datant de 1812, elle a une vraie valeur patrimoniale, son bâti étant caractéristique des Bauges, plutôt rare dans la région annecienne. Le chantier de la rénovation du bâti a démarré en 2010 et  va durer jusqu’en 2015. Le CG74 a également apporté son soutien aux travaux de restauration de la ferme, estimés à quelque 730.000€ TTC, en allouant au CDL une aide de plus de 142.000€. Objectif, permettre le maintien de l’activité agricole, garante de la coupure paysagère et du corridor écologique entre Sevrier et Saint-Jorioz.

L'entrée du Marais de l'Enfer par la voie verte va être réaménagée

L’association Asters assure la gestion du marais, riche d’une grande biodiversité. Castors, amphibiens comme la salamandre, chiroptères comme la chauve-souris, peuplent ce milieu humide, ainsi que des orchidées, comme le liparis de Loesel, espèce en forte régression dans toute l’Europe. Le Conservatoire du littoral a engagé avec le SILA, Syndicat mixte du lac d’Annecy, une étude sur la valorisation du Marais de l’Enfer à partir de la voie verte du lac d’Annecy, l’une des plus fréquentées de France. L’idée est de réorganiser l’ouverture au public du via un nouveau tracé de sentier, d’implanter une nouvelle signalétique, de créer un belvédère et un parking à vélo, de restaurer la mare en bordure de la voie verte en installant une plateforme d’observation. Autres actions envisagées, la requalification de la digue « à Cailles » et du secteur dit du Port, passablement pollués par des détritus et déteriorés par des actes de vandalisme.

 

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