Si Cordon peut se targuer d’offrir le meilleur en matière de ski, elle a su garder l’incomparable saveur de l’authenticité grâce à de nombreux circuits de randonnée qui, l’hiver venu, se découvrent raquettes au pied. Partir à l’aventure dans la neige fraîche, loin du bruit et de la fureur des mangeurs de pistes, devant le plus beau panorama du monde … Un rêve ? Oui, mais un rêve qui peut aisément se réaliser grâce à la complicité d’un homme si amoureux de la montagne qu’il en a fait son métier, alors que son diplôme de gestion le destinait plutôt à la routine d’un bureau. Seulement voilà, Éric Bibollet n’est pas un homme comme les autres. Pour s’en convaincre, il suffit de décliner toutes ses capacités : accompagnateur de moyenne montagne, pisteur-secouriste, pompier volontaire membre du groupe montagne des sapeurs-pompiers de Haute- Savoie … et spécialiste incontesté de la promenade en raquettes à Cordon. Entre dévouement à la cause humaine et passion pour le milieu qui l’a vu naître, l’ami Éric a donc choisi et navigue avec bonheur de l’un à l’autre. C’est pourquoi il encadre, depuis quelques années, des randonnées pour ceux qui veulent découvrir l’aspect méconnu, vierge et sauvage de cette nature si particulière. Alors, Éric, quelles sont les conditions requises pour une équipée en raquettes ? : « Aucune. Pour faire de la randonnée, il suffit de mettre un pied devant l’autre. » Mais encore ? : « Les raquettes sont accessibles à tous, enfants comme adultes, mais elles offrent tous les dangers inhérents au hors-piste. Donc, avant de partir, il est essentiel de se renseigner sur les circuits à l’Office de Tourisme ou recourir à un accompagnateur.» Le professionnel du secours a parlé, essayons maintenant d’apprendre ce que le montagnard ressent quand il emmène un groupe en balade. Pas facile tant le monsieur est pudique sur ses motivations. Enfin, poussé dans ses retranchements, il avoue : « Mon but est d’essayer de transmettre ma passion. Pour beaucoup, la randonnée en raquettes est une première expérience de la montagne en hiver et l’occasion de découvrir ses secrets. » But atteint ? Petit sourire et : « Oh oui. Quand on voit les chamois, les bouquetins ou le blanchot (lièvre des Alpes) à portée de main, croyez-moi, on s’en souvient toute sa vie ! ». On le croit volontiers, mais on aimerait aussi en connaître un peu plus sur ses itinéraires préférés : « Les miens ou ceux des groupes que j’accompagne ? ». Les deux, bien sûr : « Cordon possède une infinie variété d’itinéraires, du plus facile comme le circuit du Cornillon, au plus ardu comme le plateau des Bénés (voir encadré). Je m’adapte donc en fonction des attentes et des aptitudes de chacun puisque, en la matière, tout est possible. » Quelques trucs à savoir pour réussir sa sortie ? : « D’abord, il est impératif de se renseigner sur la météo et l’état du manteau neigeux ; ensuite, ne jamais partir seul car le portable n’est pas un compagnon de marche qui saura vous localiser en cas de problème. Partez bien couvert -le temps change vite et peut entraîner de grosses variations de température- et avec un matériel adapté. Enfin, pendant la randonnée, il faut boire, même si on n’a pas soif, et manger régulièrement. Et pour clôturer la journée, rien de tel qu’une bonne raclette ! ». Et voilà, tout est dit ! Fabienne SABATIER

 
Le plateau des Bénés Si la vue du plateau des Bénés s’apparente à celle d’une carte postale, la contempler demande un effort soutenu réservé aux randonneurs déjà confirmés. Montée raide à travers forêts et petites clairières jusqu’au sommet de Tête Noire, puis passage devant un premier chalet d’alpage avant de poursuivre vers le plateau qui se mérite après une ascension de 700 m de dénivellation positive. Mais la récompense est à la mesure de l’effort puisque le site est considéré comme le plus beau point de vue sur les sommets environnants, qu’ils aient pour nom Mont-Blanc, Pointe Percée ou aiguille Verte. Durée de la randonnée : une petite journée (prévoir un pique-nique). Renseignements à l’O.T. de Cordon tel : 04 50 58 01 57.