Au départ de Peisey-Nancroix, les remontées mécaniques du domaine de Paradiski permettent de réaliser une superbe descente en hors-piste, la petite face nord de Bellecôte. Un itinéraire exceptionnel de près de 1 700 mètres de dénivelée, réservé aux bons skieurs.

Didier Givois, guide et auteur d’un topo sur les hors-pistes du secteur, nous met l’eau à la bouche: "La petite face nord de Bellecôte est l’itinéraire le plus accessible de ce versant, avec un grand dénivelée hors-piste, dans une pente régulière et soutenue. On y trouve souvent de la neige poudreuse car la face reste entièrement à l’ombre jusqu’à début février. En revanche, il faut attendre que le manteau neigeux soit bien stabilisé avant de s’y aventurer". Depuis Peisey, environ une heure et demie de remontées mécaniques sont nécessaires pour rejoindre le point de départ. Empruntez d’abord le télévillage, puis rejoignez Montchavin par le Vanoise-Express. De là, vous montez successivement dans plusieurs télésièges : Montchavin, Pierres Blanches, Dos Rond, puis Crozats et des Inversens. Vous arrivez au sommet de la roche de Mio, d’où vous prenez la télécabine de Bellecôte. Enfin, le télésiège de la Traversée vous amène au glacier de Bellecôte, point de départ de l’itinéraire. Là, à 3 150 mètres d’altitude, la vue porte jusqu’à Belledonne, aux Grandes Rousses et à l’Oisans. Pour commencer la descente, vous faites quelques virages sur la piste de la Combe, située sur le glacier de Bellecôte, puis vous la quittez pour emprunter à droite la piste du Rochu, en général fermée. Le passage le plus délicat de la descente est le "mur du Rochu", un endroit raide (au moins 35°), en neige dure et peu abondante, laissant souvent apparaître des cailloux. À mi-pente du mur, faites une longue traversée vers la droite puis franchissez la crête qui sépare la face ouest de la face nord. "Attention aux corniches et aux plaques à vent dans ce secteur ", précise Didier Givois. "N’hésitez pas à vous renseigner auprès des pisteurs pour connaître les conditions du versant nord, qui n’est pas sécurisé".

Poudre, pente et plaisir Vous arrivez alors en face nord, où une très belle pente vous attend. Avant de laisser parler la poudre, pensez tout de même à admirer la vue sur le mont Blanc, le mont Pourri, les Grandes Jorasses… Vous rejoignez un couloir, dont l’inclinaison (30 à 35°) n’est pas trop raide, juste assez pour se faire plaisir. Dans ce couloir, les virages s’enchaînent au rythme de la jubilation pendant environ cinq cents mètres de dénivelée. Puis la pente s’élargit et s’adoucit, et vous descendez tout droit jusqu’à des chalets d’alpage. Là, vous vous dirigez à droite vers le chemin des Chasseurs, qui rejoint la rivière appelée Nant Fesson. De là, vous suivez la rive gauche du cours d’eau jusqu’à un bâtiment appelé palais de la Mine : c’était une antenne de l’école des Mines, installée à Moûtiers au début du XIXe siècle. Il ne vous reste plus qu’à suivre un chemin qui conduit au pont Baudin et à vous repasser le film à l’envers. Car avec près de 1 700 mètres de dénivelée, cette grande descente laisse autant de souvenirs dans la tête que dans les jambes.

Jeanne Palay

 
Didier Givois est l’auteur d’un topo intitulé Les clefs de Paradiski, en vente dans les librairies de Tarentaise. Il décrit 100 itinéraires hors-pistes du secteur (dont celui-ci), illustrés de nombreuses photos. Renseignements sur www.givois.com. Ecole de ski de Peisey : 04 79 07 93 77.