Depuis 20 ans, Michel Gayet et son épouse Martine bichonnent et régalent les randonneurs dans leur refuge du Châtelet d’Ayères à Passy, au Pays du Mont-Blanc. Ils sont en train de passer progressivement la main à leur fille Laetitia qui reprendra l’affaire familiale en 2015, avec son compagnon. Cette auberge savoyarde, très prisée des locaux, se révèle un bon camp de base du Tour de Fiz. Présentation avec Michel Gayet.

actumontagne : Comment êtes-vous devenu gardien du refuge du Châtelet d’Ayères, construit en 1902, et où ont fait halte d’illustres alpinistes, comme Roger Frison-Roche ou Maurice Herzog?
Michel Gayet : Il y a un peu plus de 20 ans, j’étais directeur technique dans un grande entreprise française d’informatique. Ma vie professionnelle était très intense et passionnante, jusqu’au tournant des années 90. Alors un jour, j’ai dit stop, et avec ma femme Martine, nous avons décidé de revenir nous installer à la montagne avec les enfants. Nous avons cherché un endroit sur tout l’arc alpin, et finalement, c’est à Passy, à 500 mètres de là où j’ai grandi et passé mes vacances enfant, que nous avons posé nos valises ! Le refuge nous a tout de suite plu. Dans ce cadre magnifique, face au mont Blanc, je me suis vraiment senti dans mon élément. Deux décennies plus tard, je peux affirmer que notre reconversion est réussie. Nous avons passé vingt années extraordinaires, notamment en terme de rencontres. Bon nombre de nos clients nous invitent chez eux ensuite. Ici, on crée du lien social. Certaines fois, je n’ai même pas l’impression de travailler !

Michel et Martine Gayet, vingt ans d'accueil au refuge et toujours aussi passionnés

actumontagne : Le refuge est accessible en seulement 25 mn à pied depuis le parking aménagé après la station de Plaine-Joux. Qui sont vos clients ?
MG : A 85%, des gens du pays, qui apprécient le site, l’ambiance des lieux et notre cuisine savoyarde authentique, dont se charge aujourd’hui mon gendre. Ils viennent en voiture ou à pied depuis Servoz, pour déguster nos spécialités, le farcement de Passy à base de lard et de pruneau et les beignets de pomme de terre, mais aussi pour les produits frais avec lesquels nous élaborons notre cuisine, car nous privilégions les circuits courts et le bio. Nous travaillons avec les Jardins de Passy et le domaine Distaise, près de Loriol. Nos clients apprécient aussi les prix très raisonnables, entre 15 et 20% moins chers que les établissements recevant surtout la clientèle touristique. Lorsque cette dernière vient chez nous, elle est agréablement surprise ! Je rappelle que nous ne sommes pas un hôtel, mais bien un refuge avec ses spécificités : la demi-pension obligatoire avec la nuitée, des sanitaires collectifs, la convivialité et l’échange.

Les fameux beignets de pommes de terre du refuge du Châtelet d'Ayères

 

actumontagne : Votre refuge, qui abrite 25 chambres de 2 à 6 couchages, est considéré comme le camp de base du Tour des Fiz. Cet itinéraire vous ramène-t-il beaucoup de clients l’été ?
MG : Sur le millier de nuitées que nous enregistrons l’été, 60% concernent le Tour des Fiz. Imaginé et monté par Pascal Favier, ancien directeur de l’office de tourisme de Passy, ce circuit permet de se balader en façade du massif des Fiz. Accessible pour les familles, Il est jalonné par huit refuges, chacun d’eux distant de 2/3 heures de marche de son voisin. Depuis le refuge du Châtelet des Ayères, pas moins de cinq refuges sont accessibles en une journée : Moede Anterne, Alfred Wills, Sales, Platé et Varan. Nous sommes souvent le point de départ du Tour des Fiz. Pour nous, gardiens de refuge, c’est une belle aventure car nous sommes les ambassadeurs des sites sur lesquels nous sommes installés, et que nous connaissons comme notre poche. Nos clients peuvent nous demander conseils sur les balades faciles à faire à proximité. Chaque hébergement est différent et propose des animations qui lui sont propres. Les nôtres sont impromptues. Mais elles ont souvent pour cadre notre cuisine avec la transmission de recettes. Nos hôtes apprécient toujours !

Propos recueillis par Sophie Chanaron

Ouverture le 24 mai jusqu’au 19 septembre. 46€ le séjour 1 jour comprenant, le dîner, la nuitée, le petit déjeuner et le casse-croûte. Réservations au 04 50 58 85 32 ou office de tourisme