L’Épée du Tacul, dans le massif du Mont-Blanc, est une course de ski de randonnée assez peu fréquentée, au départ de l’aiguille du Midi, qui emprunte une combe souvent poudreuse. Un guide nous ouvre les portes de ce jardin secret et magique, pour skieurs confirmés.

« L’intérêt principal de cet itinéraire est l’angle de vue étonnant sur le mont Blanc, car on le voit de profil. Pour moi, c’est l’un des plus beaux panoramas sur ce sommet », estime Jean-François Collignon, guide et directeur de la compagnie des guides de Chamonix. La journée commence très tôt, dans l’une des premières bennes du téléphérique de l’aiguille du Midi. Ce pic rocheux, accroché en plein ciel à 3 842 mètres d’altitude, offre un spectaculaire coup d’œil sur le mont Blanc et le mont Maudit. Pour quitter ce belvédère, vous marchez sur une arête effilée, puis vous chaussez les skis au pied de l’arête, à 3 700 mètres d’altitude. Vous tournez à droite (plein sud), pour emprunter l’itinéraire classique de la vallée Blanche, en suivant le glacier du Géant. Une somptueuse descente peu raide, dans une ambiance haute montagne, où les sombres sommets granitiques contrastent avec l’éclat des glaciers. Un décor presque en noir et blanc, la beauté à l’état pur.
Au lieu-dit la Salle-à-Manger, à 2 430 mètres, (traditionnellement dédié au pique-nique), vous quittez la vallée Blanche. Après avoir collé les peaux de phoque sous les skis, vous commencez à remonter à droite le glacier des Périades, constellé de crevasses. « Cette portion de la course est quelquefois très délicate à cause des nombreuses grosses crevasses. Il est donc préférable de s’encorder », précise Jean-François Collignon.

 

Du Ski XXL
Au bout d’une heure environ, vous quittez le glacier des Périades pour bifurquer à gauche en direction de la combe de l’Épée du Tacul. C’est de là que l’on découvre une vue inhabituelle sur le mont Blanc, de profil. La montée s’arrête en haut de cette grande combe, à 3 100 mètres d’altitude. L’Épée du Tacul, un petit éperon rocheux, est situé juste à votre droite, tandis que l’aiguille du Tacul se dresse plus haut à gauche.
Après ces deux heures de montée, il est temps d’enlever les peaux de phoque pour entamer la descente. Autre particularité de cette randonnée : on ne suit pas les traces de montée, mais on passe plus à droite, pour éviter la partie glaciaire délicate. Vous allez chercher des pentes soutenues (30 à 35°) juste en face du refuge du Requin. « Cet itinéraire est assez peu fréquenté, et on y trouve souvent de la poudreuse, même si tout est tracé ailleurs. Mais attention, si la neige est trop dure, il ne faut pas s’y engager », souligne Jean-François Collignon. Ces belles pentes mènent jusqu’à la Mer de glace, que l’on redescend jusqu’au Montenvers ou à Chamonix, suivant l’enneigement.
Bilan : 670 mètres de montée pour 3 440 de descente, dans un cadre glaciaire monumental. Chut, ne le dites à personne !
Jeanne Palay

Note : Cette rando glaciaire est réservée aux bons skieurs. Il est préférable de vous faire accompagner par un guide si vous n’êtes pas un montagnard averti.
Compagnie des guides de Chamonix : 04 50 53 00 88.