La compagnie des guides et des accompagnateurs de Chamonix vous propose de suivre le chemin historique de la première ascension du mont Blanc jusqu’à la Jonction, ligne de partage spectaculaire entre deux glaciers. Suivez l’accompagnateur dans cette rando qui flirte avec la haute montagne…

« La Jonction est l’une des randonnées les plus réputées de la vallée de Chamonix. À juste titre ! Cette longue randonnée est marquée par l’omniprésence des glaciers, qui entourent la langue de terre sur laquelle on progresse. Le côté historique est très intéressant aussi, avec la découverte du gîte à Balmat, un abri sous un rocher où les premiers ascensionnistes passèrent la nuit. La Jonction, c’est donc une rencontre avec l’histoire et les glaciers. À réserver aux marcheurs confirmés, car la sortie dure environ sept à huit heures », explique François-Éric Cormier, accompagnateur à la compagnie de Chamonix.
En 1786, Jacques Balmat et Michel Gabriel Paccard, les deux premiers conquérants du mont Blanc, partirent de Chamonix et remontèrent effectivement une avancée de terre séparant deux glaciers, celui des Bossons et celui du Taconnaz, avant de prendre pied sur la glace elle-même et d’atteindre le toit de l’Europe. Votre itinéraire démarre du parking le plus haut de la commune des Bossons, près du tremplin olympique (1 199 m). Prenez un chemin sur la gauche en suivant les pancartes « Chalets des Pyramides ». Vous montez dans une forêt assez dense, puis vous traversez le haut d’une piste de ski dans une trouée qui permet d’avoir une première vue sur les Bossons. Vous arrivez ensuite au chalet des Glaciers (le bien nommé !), d’où le glacier apparaît dans toute sa splendeur et sa démesure (il fait partie de ceux qui ont le plus gros dénivelé au monde).
De là, suivez les pancartes « Chalets des Pyramides », que vous rejoignez par une longue série de lacets en forêt. Des chalets (1 895 m), la glace vous en met encore plein la vue. Vous découvrez aussi le train d’atterrissage d’un avion qui s’est écrasé près du sommet du mont Blanc et que le glacier, dans son avancée perpétuelle, a redescendu jusqu’ici : cela donne une idée de sa puissance et de sa vitesse de progression !

À saute-mouton entre deux glaciers

Après les chalets, le sentier joue à saute-mouton sur la crête de la montagne de la Côte, tantôt côté Bossons, tantôt côté Taconnaz. Arrivé au bec du Corbeau (2 221 m), le cheminement devient plus délicat. Il faut suivre les marques de couleur qui se faufilent dans un immense affleurement rocheux. Vous arrivez alors au gîte à Balmat (2 530 m). Émouvant d’imaginer ces deux hommes partant défier l’impossible, recroquevillés sous cet abri de fortune, pour une nuit sans doute peu reposante, avant le grand assaut. Peu de temps après, vous atteignez le point culminant de cette randonnée (2 589 m), appelé la Jonction, ultime presqu’île rocheuse dans un océan de glace. Une glace tourmentée, hérissée de séracs et de crevasses, semblable à une mer déchaînée. Il en aura fallu du courage, à Balmat et Paccard, pour quitter la terre réconfortante et se lancer dans cet inconnu si inquiétant. Quant à vous, la randonnée s’arrête là, avant de redescendre par le même itinéraire. Au-dessus, c’est le domaine de la haute montagne, que vous avez tutoyée toute la journée. Voilà peut-être qui vous donnera envie de franchir le pas, un autre jour…
Jeanne Palay

Compagnie des guides et des accompagnateurs de Chamonix : 04 50 53 00 88.
Tarif : 170 € la journée d’un accompagnateur (1 à 12 personnes).

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