Le Pays d’Allevard, situé entre Grenoble et Chambéry, offre plus de 300 km de sentiers balisés. De quoi satisfaire toutes les envies de randonnée. Celle qui conduit au refuge de l’Oule est notre coup de cœur de l’été. Sa gardienne, éleveuse et bergère, s’est prise de passion pour les lamas. De formidables débroussailleuses qui contribuent à l’entretien des alpages et donnent au lieu une insolite ambiance sud-américaine.

Eleveurs et bergers à Pinsot, dans la vallée du Haut-Bréda, dans le Pays d’Allevard, Ostiane Vuillermoz et Jean-Pierre Gigord s’installent l’été au refuge de l’Oule, dont Ostiane est la gardienne depuis 2003. Dès la mi-juin, elle y accueille les randonneurs à qui elle assure le gîte et le couvert, dont un délicieux quinoa aux petits légumes. D’une capacité d’une vingtaine de couchages, l’endroit est rustique –il n’y a pas d’électricité, on s’éclaire à la bougie-, mais chaleureux. Si bon nombre de randonneurs y font étape en vue de partir à l’assaut du glacier du Gleysin, du Puy Gris ou du col de Moretan, le refuge est aussi un objectif de balade à lui tout seul. Il faut compter deux heures de montée entre forêt et alpage pour l’atteindre, depuis le parking du Gleysin à Pinsot. Une fois arrivé, c’est le dépaysement complet. D’abord parce que le site est sauvage et la vue superbe, mais surtout parce qu’on croirait être transporté au cœur des Andes !


En effet, à proximité du refuge, paissent non seulement des mérinos et des Thônes et Marthod, race de moutons ancienne qu’affectionnent Jean-Pierre et Ostiane, mais aussi une petite dizaine de lamas. Une présence iconoclaste dans ce coin de Belledonne que l’on doit à Ostiane. Elle a eu un véritable coup de cœur pour cet animal emblématique des Andes. « J’avais vu un reportage à la télé sur un éleveur de la montagne noire qui utilisait des lamas pour entretenir ses alpages. Je me suis dit que c’était une bonne idée à reproduire ici pour débroussailler les terrains et entretenir la biodiversité du milieu naturel».


Des lamas en totale liberté
Elle acquiert donc un premier lama auprès d’un cirque pour découvrir l’animal. « Il est rustique, doux et gentil en dépit de son port de tête hautain », précise-t-elle. Et contrairement à l’album culte de Tintin, Le temple du Soleil, il ne crache que sur ses congénères ! Conquise, elle se lance dans l’élevage. Ses débouchés ? Les particuliers, amoureux comme elle de ce petit camélidé, qui l’utilisent pour entretenir leur propriété ou comme animal de bât. Ostiane, elle n’envisage pas de se lancer dans la randonnée avec lama, qui se développe en France sur le modèle de la randonnée ânière. « Je souhaite plutôt m’orienter vers la production de laine, d’où la conversion progressive de mon élevage vers le lama lainé ». Car la laine, c’est une autre passion d’Ostiane. Normal pour une bergère !
Cet été, il y aura quelque 560 bêtes dans les alpages de l’Oule, Jean-Pierre gardant des moutons du Sud venus prendre le bon air de la montagne dans Belledonne. Une majorité de brebis, le fidèle Bordeaux, un bouc à forte personnalité et les lamas d’Ostiane, qui eux, contrairement aux brebis, parquées le soir, restent libres d’aller et venir. Mais leur attachement à leur maîtresse est tel, qu’ils ne vont jamais trop loin. Si vous y allez, vous êtes donc sûrs de les rencontrer !
Sophie Chanaron
Une carte des randonnées au Pays d’Allevard est disponible à l’OT (5 €). Nuitée en demi-pension au refuge de l’Oule, 31,50 €. A midi, restauration légère à la carte. Tél : 06 30 53 75 22

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