Près de 9100 spectateurs ont assisté au 4e Albertville Jazz Festival, du 25 au 29 juillet dernier. C’est plus d’un millier de plus que pour sa 3e édition l’an dernier, certes amputée d’un jour pour cause de tempête annoncée. Cette édition pleine de cinq jours confirme s’il le fallait la montée en puissance dans le calendrier estival pourtant chargé de cet événement musical membre du Réseau Spedidam.

Il y avait pourtant du changement cette année et non des moindres puisque le festival devait composer avec les travaux en cours dans Albertville. Défi largement surmonté. Le chapiteau de la scène payante s’est plutôt bien accommodé du parking du Pénitencier, même si l’espace contraint a limité le nombre de foodtrucks pouvant y prendre place, exigeant les jours de fortes affluences un peu de patience, à celles et ceux qui voulaient se désaltérer ou manger. Quant au square Soutras dont la scène de l’après-midi a investi avec le kiosque, il a été plébiscité par le public comme par les organisateurs. Ces derniers ont d’ailleurs annoncé leur intention de l’adopter pour la suite. « Comme quoi les travaux n’ont pas que des côtés négatifs », a plaisanté le maire d’Albertville, Frédéric Burnier-Framboret, lors de la conférence de presse bilan du festival 2018.

L’équipe du festival et Frédéric Burnier-Framboret, le maire d’Albertville

« Je n’ai eu que des retours positifs », a assuré de son côté Raymond Brassoud, président de Jazzbertville, qui en a profité pour glisser combien le capital de sympathie du festival était élevé auprès des artistes. Charlie Winston, la star internationale du 3e jour, avait demandé où il pouvait aller se baigner avant son concert. « Nous l’avons emmené au lac de Grésy-sur-Isère où il a passé tout l’après-midi ! Quant à Soun You Nah, elle a tenu à rester un jour de plus pour visiter Conflans », savoure Raymond Brassoud, co-créateur de ce festival avec le trompettiste Nicolas Folmer, le directeur artistique. Ce dernier s’est à nouveau félicité de l’arrivée dans l’équipe de Benjamin Tanguy, programmateur à Jazz à Vienne. Le duo a composé une affiche de haute volée pour ce festival, tant sur la scène payante que sur la scène gratuite, où des artistes de grande qualité ont été programmés, talents issus de la région (Glossy Sisters, Uptake…) comme ceux de Génération Spedidam, la saxophoniste Sophie Alour et le tromboniste Daniel Zimmermann en tête, qui auraient pu tout à fait être programmés sur la scène payante.

Le kiosque du square Soutras, la nouvelle scène de l’après-midi ©Mathias Caumont

« Chaque jour, nous avons voulu raconter une histoire avec des soirées à thèmes », a expliqué Benjamin Tanguy. Ainsi, jazz manouche, jazz traditionnel, new-orleans, jazz du monde et contrebasse se sont succédés pour montrer toute la diversité de la palette du jazz, un genre musical qui se réinvente toujours aujourd’hui. « Asaf Avidan, tête d’affiche du 26 juillet, n’est pas un artiste de jazz, mais il a un lien avec le blues, c’est pour cela qu’il a été programmé à Albertville, avec en première partie un vrai pianiste dans la tradition du jazz. Sur la soirée du vendredi, il y a eu un grand nom de la scène internationale, Charlie Winston, avec en première partie Raphaël Imbert, puis Hugh Coleman, plus identifiés jazz, avec la volonté d’amener le public non averti vers ce répertoire musical sur une autre soirée ou une prochaine édition ». Et pourquoi pas lors de la cinquième, puisque toute l’équipe organisatrice, aidée par une centaine de bénévoles, a déjà donné rendez-vous la dernière semaine de juillet 2019 pour une édition encore sur cinq jours. Avec la volonté d’ouvrir toujours plus l’événement vers le centre-ville et de poursuivre la dynamisation de tout le territoire.

Guillaume Damerval, gérant de la Spedidam et Pierrick Aunillon, directeur du réseau Spedidam

En effet, si Albertville est la ville centre du festival, d’autres communes bénéficient de son aura avec des concerts et des animations au fort de Tamié, aux Saisies ou encore à Conflans. Max Courrouy, coordinateur de l’association Jazzbertville, a rappelé que l’association, qui fédère les bénévoles du festival, multiplie aussi les animations pendant l’année, avec notamment l’intervention de Raphaël Imbert à l’école de musique en juin, ou un stage à Ugine avec Nicolas Folmer une semaine avant le festival. Des masterclass et des conférences musicales devraient aussi voir le jour. C’est l’effervescence autour de l’Albertville Jazz Festival !

Sophie Chanaron