Après le Grand Bivouac et Fontaine en Montagne en octobre, les Rencontres du cinéma de montagne de Grenoble, en novembre, c’est au tour du Festival du film de montagne d’Autrans de mettre les œuvres du 7e art, documentaires ou fictions, dédiées aux pays et aux  communautés d’en-haut, sous les feux de la rampe. Rendez-vous du 1er au 5 décembre dans le Vercors pour la 27e édition qui s’ouvre sous les meilleurs auspices.

Tout d’abord, essaimage en France et à l’international du festival, avec des événements organisés sous son label à Lyon, Voiron, à Chambéry et probablement à Annecy. "Nous avons aussi été sollicités par la Région Rhône-Alpes à l’occasion de l’exposition universelle de Shanghai où une douzaine de films de montagne que nous avions sélectionnés ont été diffusés et très appréciés des Chinois", indique Mireille Chiocca, la directrice du festival d’Autrans.  "Les autorités chinoises souhaitent organiser des projections de films dans les villes des régions montagneuses sous la bannière du festival d’Autrans". Autre bonne nouvelle pour le festival bientôt trentenaire, la confirmation de la création du Centre culturel européen de la montagne à Autrans. Un appel d’air pour la manifestation, mais aussi pour le territoire, que cet équipement va contribuer à animer tout au long de l’année. Sa construction devrait démarrer au printemps pour une ouverture programmée en 2012.  


En attendant, que nous réserve l’édition 2010 du festival d’Autrans ? Plein de bonnes choses tant sur l’écran qu’en marge du festival. Côté films, une vision toujours très panoramique de la montagne, décor d’un film ou source d’inspiration. Cette année, le cru est encore très international avec des réalisateurs originaires d’une vingtaine de pays- et compte beaucoup d’avant-premières. "Cette année, nous avons reçu plus de 50 fictions courtes contre une vingtaine en temps normal", constate Mireille Chiocca.

Impossible de citer ici tous les films en compétition puisqu’il n’y en a pas loin d’une centaine au total. Mais les quelque extraits que nous avons vus, mettent l’eau à la bouche, notamment The Asgard Project (avant-première nationale) qui montre l’épopée dantesque de la 1ere ascension en libre de la face nord du Mont Asgard, l’un des big wall les plus difficiles du monde, Alone on the wall, qui cadre les solos incroyables d’Alex Honnold dans le Yosemite, ou encore Skyliners, consacrée à la pratique de la highline, funambulisme extrême dans le massif du Mont-Blanc. Sensations garanties. Et des sensations, il y en aura aussi aux Bobines de l’extrême, le festival dans le festival, septième édition cette année, concoctée par les jeunes du plateau.
Parmi les invités de marque d’Autrans, Abdul Karim (photo de Une ©Laurent Chevallier), l’un des plus grands porteurs d’altitude de l’Himalaya, sorti de l’anonymat en 1985 avec le film de Laurent Chevallier, Little Karim, et au centre d’un second documentaire du réalisateur en 1997. "Karim est le président du jury des films documentaires, une reconnaissance du milieu de la montagne pour cet alpiniste hors pair qui donnera à l’occasion d’un débat sur l’impact de l’alpinisme occidental sur les sociétés autochtones, sa vision des choses, le 3 décembre, en présence de nombreux grands noms de l’alpinisme". Ce voyage en France du porteur pakistanais va d’ailleurs faire l’objet d’un 3e film de Laurent Chevallier qui va le filmer pendant son séjour à Autrans.
Le 3e Festi-Trail (le 4 décembre)
Enfin, autre grand moment du festival, le Festi’trail, 3e du nom, parrainé cette année par Dawa Sherpa, la figure emblématique du trail, lui aussi héros d’un documentaire projeté pendant le festival, La Trace de Dawa. Trois parcours, tracés par Rudy Gouy, champion du monde de raid, sont proposés : 23 km, 12 km et 1 km pour les enfants. "Cette année, les grands noms du trail seront présents", se félicite Mickaël Carminati. Outre Dawa Sherpa, Vincent Delebarre, l’un des meilleurs traileurs avec plusieurs podiums à l’UTMB, Emilie Lecomte ou encore Martine Volay, 1ere Française à avoir réussi la traversée du Groënland à ski d’est en ouest en 1994 et auteur de nombreux podiums en trail.
Un camp de base sur la place du village
Le festival dresse son camp au cœur du village, lieu de rencontres et d’échanges en journée et le 3 janvier à partir de 22 heures, cinéma en plein air (si les conditions météo le permettent sinon repli à l’Epide).

Tous les détails du 27e festival sur http://www.festival-autrans.com/fr/index.htm