Méribel affiche ses ambitions sur le créneau du VTT : être dans le top 5 des destinations françaises dans cinq ans. Son offre s’est beaucoup étoffée ces dernières années pour cibler un large éventail de vététistes et mettre le pied à l’étrier aux non-pratiquants, grâce au VTTAE. Le cyclotourime est un autre axe de développement pour la station des 3Vallées. Le point avec Eric Bouchet, aux rênes de Méribel Tourisme depuis avril 2015.

actumontagne : Méribel est-elle reconnue comme une destination VTT aujourd’hui ?
Eric Bouchet : Nous n’avons pas encore la notoriété à la hauteur de notre offre, mais nous sommes au début d’une belle histoire ! Ces cinq dernières années ont servi à bâtir l’offre VTT de Méribel. La station dispose aujourd’hui d’un magnifique bike-park, particulièrement varié, composé de parcours accessibles et ludiques, et offrant de grands espaces, du dénivelé, de beaux singles. Chez nous, le but est de s’amuser, pas de se faire peur ! Pistes et itinéraires sont tracés et entretenus par une équipe de quatre patrouilleurs ultra-motivés (ndlr : emmenés par Adrien Bel). Quatre remontées mécaniques desservent le bike-park 7 jours sur 7, moyennant un forfait journée 3 Vallées à 17€50 (ndlr : un tarif plutôt bien placé sur le marché). Tout autour de ce terrain de jeu s’est développé un réseau de moniteurs de VTT et de loueurs. Bref, l’éco-système est désormais en place. Maintenant, notre travail est de faire vivre notre bike-park et de le faire connaître.

©Sylvain Aymoz/Méribel Tourisme

actumontagne : De quelle façon ?
EB : Outre des accueils presse comme au début de ce mois d’août, principalement à travers des opérations événementielles. Dans un passé récent, Méribel a servi d’écrin à de grandes compétitions de VTT, mais sans véritable volet grand public. Nous voulons toujours en être l’hôte, mais en les associant à un salon par exemple. Nous avons aussi créé l’an dernier le King of Méribel, challenge qui consiste à disputer différentes épreuves en vue de sacrer le King et la Queen VTT de Méribel. L’édition 2017, les 15 et 16 juillet dernier, a bien marché. La manifestation va maintenant monter en puissance. Partant du constat que 70% des vététistes sont skieurs, nous allons également lancer en fin de saison d’hiver prochaine, un nouveau challenge mixant ski freeride et VTT, entre le Mont Vallon (2952 m) et Brides-les-Bains (600 m). Soit plus de 2200 mètres de dénivelé. Les skieurs partiront du mont Vallon jusqu’à Mottaret, où ils troqueront leurs skis contre un VTT pour descendre jusqu’à Brides. Plusieurs formules seront possibles (ndlr : solo, duo skieur-vététiste, enfant-parent…). Le parcours changera chaque année. Nous associerons des tour-opérateurs et mobiliserons les médias. Ce sera le closing de l’hiver et le pré-lancement de la saison d’été (ndlr : première édition les 14 et 15 avril 2018).

©Sylvain Aymoz/Méribel Tourisme

actumontagne : Méribel propose-t-elle des séjours spécial VTT ?
EB : Pour l’été 2018, nous planchons sur un produit week-end avec hébergement, forfait, jacuzzi, piscine, le tout pour seulement 99€. D’autres prestations, comme le repas, completeront sans doute ce package week-end -qui reste à finaliser- pour un tarif inférieur à 150€. Il sera commercialisé dès le mois de juin. Nous voudrions en effet ouvrir le bike-park au 1er juin, même si les remontées mécaniques ne sont pas encore en service. Le VTT à assistance électrique permet de s’en affranchir en partie et d’accéder à de beaux parcours, comme sur Tougnète par exemple.

actumontagne : Et sur le cyclo, très en vogue lui aussi, la station a-t-elle des ambitions ?
EB :Oui ! Nous allons sur le cyclotourisme avec force ! L’an dernier, Méribel a accueilli une belle étape du Critérium du Dauphiné. La station est aussi un bon point de départ pour franchir de nombreux cols mythiques comme celui de la Madeleine, le col de l’Iséran, le col du Glandon ou celui du Petit-Saint-Bernard, avec basculement vers l’Italie. Mais, plus accessible que ces grands cols, nous voulons capitaliser sur la belle et accessible montée de la Haute-Tarentaise, entre Valmorel et Val d’Isère, avec Méribel en camp de base. Pour ce faire, nous allons déployer de nombreux services labellisés cyclo (hébergement, parkings sécurisés, assistance…). Les communes de Méribel-les-Allues et Courchevel ont par ailleurs le projet un peu fou de faire une route Méribel-Courchevel par le col de la Loze (2275m), avec une montée à 17% de moyenne. Enfin, nous sommes candidats au Tour de France, en association avec Brides-les-Bains. Notre dossier de candidature est prêt. Nous le présentons en septembre à Bernard Prud’homme. Si Méribel est retenue comme ville étape en 2018 (ou l’année suivante), alors le développement du cyclotourisme dans la vallée va forcément s’accélérer !

Propos recueillis par Sophie Chanaron

Deux itinéraires pour tester le VTTAE à Méribel


Si elle ne dispense pas de pédaler – on chevauche un vélo, pas une moto -, et requiert de trouver un rythme de pédalage régulier, l’assistance électrique donne un bon coup de pouce aux moins sportifs pour avaler les montées. Cet été, Actumontagne a eu l’occasion de partir à la découverte de deux parcours de Méribel en VTTAE, en compagnie des moniteurs cyclistes de l’école MCF de Méribel d’Alex Bastien. Ce dernier est l’ancien entraîneur adjoint des équipes de France de VTT de descent, et l’actuel coach de la prometteuse vététiste junior Flora Lesoin. Premier parcours emprunté : le nouvel itinéraire VAE vert de La Truite, au départ de la Chaudanne jusqu’au pied de Tougnète, via le lac de Tueda (300 mètres de dénivelé, 7,5 km). Idéal pour apprivoiser l’engin et ses différents modes d’assistance (off, éco, standard, sport, turbo). Second parcours : Méribel Tourisme, le refuge du Christ, à La Traie, au-dessus du hameau du Villard (en direction du col de la Lune). Un itinéraire plutôt large, majoritairement en sous-bois -parfait avec un thermomètre au dessus de 30°C-, comprenant plusieurs raidillons jusqu’au refuge. Du costaud en VTT classique pour un sportif modéré – inaccessible même pour l’auteure de ces lignes-, mais réalisable avec l’assistance électrique et les conseils techniques (et encouragements) d’Alex Bastien ! A l’arrivée au refuge, vue magnifique sur le mont Pourri, Bellecôte, le Grand Bec ou encore la Grande Casse et une bonne table ! De quoi se remettre de ses efforts -quand bien même surmontables- grâce au mode turbo. A utiliser néanmoins avec parcimonie sur parcours plus long, sinon, gare à la consommation de watts ! Privé de batterie, un VTTAE dépassant les 20 kg, se transforme en effet en boulet hors terrain plat pour un vététiste du dimanche !