Le 1er août dernier, Adrien Duvillard, directeur de Megève Tourisme, s’est vu remettre par l’AFNOR le diplôme de certification Iso 14001, norme environnementale internationale, décernée pour la première fois à un office de tourisme français. Il nous explique sa démarche et ce qu’elle implique sur le terrain.

Actumontagne.com : Tout d’abord, que vous inspire cette certification ?
Adrien Duvillard : Une très grande satisfaction ! Elle marque l’aboutissement de 11 mois d’un travail intense qui a mobilisé autour de moi quatre personnes de l’équipe, les critères ISO étant très exigeants en termes de mise en place de procédures en interne. C’est aussi la récompense des efforts que Megève Tourisme a entrepris depuis deux ans en matière de protection de l’environnement et de développement d’un tourisme responsable.  Enfin, la norme Iso 14001 est un formidable outil de management pour une entreprise. J’ai pu constater qu’elle avait vraiment mobilisé l’équipe de l’office qui s’est prise au jeu et s’implique au quotidien. Nous avons créé un blog www.megeve-environnement.com sur lequel chacun peut faire des propositions en matière de protection de l’environnement. Je vous invite à aller le consulter régulièrement !

Actumontagne.com : Pourquoi avoir voulu obtenir cette certification ?
A.D. : Ce n’est pas du marketing ou du bluff ! Face aux défis environnementaux de la planète, le tourisme classique est appelé à disparaître. Nous devons développer un autre mode de consommation des loisirs en impliquant et sensibilisant nos hôtes à adopter une démarche plus responsable en matière d’environnement. Megève Tourisme veut être moteur en matière de tourisme responsable d’où notre volonté d’impliquer nos partenaires locaux. Nous avons ainsi engagé un travail de fond avec les hébergeurs pour les sensibiliser aux questions d’environnement. Le 1er août dernier, sept d’entre eux ont signé la Charte individuelle les engageant dans une politique du respect de l’environnement. Nous allons maintenant faire la même chose avec les restaurateurs.

Actumontagne.com : Quelles sont les actions « vertes » de Megève Tourisme ?
A.D. : Megève Tourisme a par exemple investi dans deux Toyota Prius, des voitures hybrides consommant moins et polluant moins que nos voitures classiques. Pour nos imprimés, que nous limitons en quantité, nous utilisons principalement du papier recyclé ou du papier PEFC, c’est-à-dire issu de forêts contrôlées. Nous proposons à nos visiteurs de copier sur des clés USB tous nos documents et brochures. Idem pour nos dossiers de presse que nous diffusons aux journalistes de préférence par mail ou via des clés USB. Nous visons une réduction de 15% de notre production graphique. Nous allons aussi compenser l’impact en CO2 des voyages aériens du service promotion. Les sommes dégagées seront versées à des ONG œuvrant en faveur de l’environnement. Notre objectif à quatre ans est de compenser 100% de nos déplacements.

Actumontagne.com : Avez-vous mis en place ou favorisez-vous des activités de loisirs plus vertes que d’autres ? Pensez-vous que certaines activités doivent être bannies, comme les loisirs motorisés par exemple ?
A.D. L’an dernier, nous avons aménagé des chemins de randonnée à thème pour apprendre à mieux connaître Megève. Nous avions aussi créé une semaine intitulée « Rêve nature » destinée à sensibiliser les enfants à l’environnement. La seconde édition, qui a eu lieu début juillet, a remporté un vif succès avec des ateliers organisés avec le SITOM autour de la gestion et du recyclage des déchets, la découverte des produits bio. Concernant le bannissement de certaines activités, je dirais qu’effectivement, les loisirs motorisés sont sans aucun doute appelés à disparaître en station dans le cadre d’un tourisme responsable. A Megève, nous n’avons jamais souhaité développer les sports mécaniques, contrairement à d’autres sites. Vous évoquez les quads, très décriés. Je vous rappelle qu’ils sont interdits sur la commune par un arrêté municipal ; ils ne peuvent emprunter que les routes… Pour l’avenir, nous devons effectivement imaginer de nouveaux loisirs et activités n’ayant pas ou peu d’impact sur l’environnement mais qui soient économiquement viables. Un vrai challenge, très stimulant pour nous, professionnels du tourisme !
Propos recueillis par Sophie Chanaron