Le Critérium international de la première neige à Val d’Isère, qui fête son cinquantième anniversaire, mobilise chaque année quelque 460 personnes de la station de ski de Haute-Tarentaise. Pendant l’hiver, ils travaillent à l’école de ski, à l’office du tourisme ou au club des sports. Le temps d’un week-end, ils deviennent lisseurs de piste ou contrôleurs de porte. Portraits choisis de ces hommes de l’ombre.



Lionel, lisseur de piste
En temps normal, Lionel skie devant les autres. Normal, il est moniteur de ski. Pendant le Critérium, c’est lui qui suit d’autres skieurs, en l’occurrence les meilleurs descendeurs du monde, qui s’élancent toutes les deux minutes sur la piste Oreiller-Killy. « Le rôle du lisseur de piste, c’est de permettre à tous les coureurs de bénéficier des mêmes conditions de course », explique Lionel. « Nous partons immédiatement après le passage du coureur, nous lissons la piste sur un portion bien précise – généralement de huit à dix portes à chaque fois- et nous nous arrêtons. Puis nous repartons après le passage du coureur suivant. Au total, nous avons cinq arrêts sur la descente. » Cette organisation bien rôdée explique que plus de 150 lisseurs – pour 70 coureurs – soit mobilisés à l’occasion de la descente.



Florent, ouvreur
« J’ai en quelque sorte le rôle du mannequin assis à l’avant d’une voiture pour un crash-test, même si je ne risque pas ma vie pour autant ». Florent, 19 ans, de Serre-Chevalier, est l’un des six ouvreurs de la descente de Val d’Isère. L’ouvreur, c’est ce skieur cobaye qui s’élance avant le passage du premier concurrent, pour s’assurer que toutes les conditions de sécurité sont réunies pour le bon déroulement de la course. Si les ouvreurs descendent la piste sans encombres, le directeur de course donne le feu vert. En cas de problème, ce dernier consulte les ouvreurs pour savoir ce qui s’est passé et ainsi prendre les décisions qui s’imposent, pouvant aller jusqu’au report, voire à l’annulation de la course. Lors de leur passage, les ouvreurs sont chronométrés au même titre que les coureurs. « Ceux qui réalisent les meilleurs temps peuvent ensuite être sélectionnés pour aller courir des épreuves de Coupe d’Europe. C’est une belle opportunité à saisir, car je dispute essentiellement des courses FIS, soit l’échelon inférieur à la Coupe d’Europe », témoigne Florent.




Robert, pisteur-secouriste
Ce matin-là, jour de la descente messieurs du Critérium, Robert se trouvait à proximité de la cabane de départ, en stand-by. « Je suis à l’écoute du talkie-walkie. Je me tiens prêt à partir dans la minute s’il faut procéder à l’évacuation d’un coureur blessé, amener des outils à un collègue pour resserrer une porte de la descente ou encore aller retracer les lignes bleues qui matérialisent la piste », détaille Robert. Pour ce pisteur-secouriste, le Critérium a démarré deux semaines avant le début des épreuves : installer les filets de protection ou les banderoles publicitaires, aller évacuer la neige à la pelle après une grosse chute…, le travail ne manque pas. « Depuis début décembre, j’ai des grosses journées, pouvant dépasser les dix heures. Mais je me plains pas, car l’ambiance est bonne, et le Critérium me permet aussi de démarrer la saison plus tôt».


Bruno, contrôleur de porte
S’il ne portait pas un gilet jaune fluorescent avec « contrôleur » floqué dessus, on pourrait le prendre pour un simple spectateur. Vous l’aurez deviné, Bruno est contrôleur de porte. « Je dois simplement m’assurer que les coureurs ont bien franchi la porte normalement. En descente, c’est très rare que les skieurs ratent la porte. En revanche, pour le slalom, il faut être très attentif, car il y a souvent des concurrents qui enfourchent, auquel cas ils sont disqualifiés ». Lorsqu’un coureur ne passe pas entre les piquets, Bruno le consigne sur une fiche qu’il remet ensuite au responsable des contrôleurs de porte. Ce n’est qu’une fois que ce dernier a récupéré les fiches de tous les contrôleurs que le résultat peut être officiellement promulgué. « C’est parfois un peu frustrant, car il faut souvent attendre d’être rentré chez soi pour connaître le résultat de la course. Au-delà de ça, j’appréciea le Critérium car c’est un événement fédérateur qui permet de retrouver tous mes collègues moniteurs de ski, que je n’ai pas vus depuis la fin de l’hiver précédent ».


Martin Léger


Le programme des épreuves féminines :
Samedi 17 décembre : descente à 10h30
Dimanche 18 décembre : super-g à 11h

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