Depuis l’hiver dernier, David Allemoz, 29 ans, est consultant freeride et freestyle pour Head. Le pro-rider de la Plagne profite des opérations de promotion de la marque dont il est chargé pour prôner auprès du grand public une pratique responsable du freeride et du freestyle. Portrait.


Les traces dans la poudreuse tu ne suivras pas comme un mouton. L’arva, la pelle et la sonde tu emporteras. Humble devant la montagne tu resteras… Voilà à quoi aurait ressemblé la Table des Dix Commandements si Moïse s’était appelé David Allemoz.
Le pro-rider de la Plagne n’a pas attendu l’explosion actuelle du freeride pour insister auprès du grand public sur l’importance du respect des règles de sécurité dans cette pratique. « Les pros-rider font rêver les gens à travers les films de glisse. Il est donc de notre responsabilité de leur expliquer que les images qu’ils voient ne constituent que 5 % de notre travail sur un tournage, les 95 % restants étant consacrés à l’évaluation des risques et au repérage des pentes sur lesquelles nous skions ».


Règle n°1 : savoir renoncer



Pour faire passer ce message, David projette  d’utiliser le prochain film promotionnel de Head (sortie prévue à l’automne 2006) en y intégrant un volet sensibilisation. « Il s’agit de faire expliquer aux pro-riders de la marque les précautions qu’ils prennent lors d’un tournage d’un film de glisse. Nous envisageons aussi d’inclure des images de freeride qui fassent peur, pour faire prendre conscience aux spectateurs des risques encourus, surtout quand on ne respecte pas les règles de sécurité basiques. »
La peur fait ainsi partie des arguments utilisés par David Allemoz pour inculquer à ses clients (il est moniteur de ski à la Plagne) cette humilité nécessaire qui doit habiter en permanence le skieur qui s’aventure en dehors des pistes. « Un bon freerider sait renoncer s’il se rend compte qu’il avait sous-estimé les risques de la pente qu’il s’apprête à skier. Il m’arrive fréquemment de faire demi-tour quand je me retrouve au sommet d’une face que je ne sens pas. Il n’y a pas de honte à ça. »
David apprend aussi à ses clients à prendre confiance en eux. « A partir du moment où on a évalué les risques et qu’on estime qu’on peut y aller, il est primordial de s’engager sans retenue dans la pente, car c’est lorsque on est tétanisé par la peur qu’on a le plus de chances de tomber et de mettre sa vie en danger. »
Si David Allemoz a fait de la sécurité son cheval de bataille depuis plusieurs années, le Plagnard n’en reste pas moins attaché à la notion de liberté qui caractérise le freeride. « C’est justement pour éviter que le freeride devienne un jour hyper-reglémenté, voire interdit, qu’il est essentiel de responsabiliser aujourd’hui l’ensemble des pratiquants de cette discipline. »


Martin Léger