Officiellement apparu en 1976, l’accompagnateur en montagne est devenu l’une des figures incontournables du milieu montagnard. Aujourd’hui, la France compte près de 3000 professionnels en exercice. En diversifiant leur offre et notamment en multipliant les randonnées thématiques, ils ont su s’imposer comme de véritables médiateurs entre leur territoire et le public. 

En bientôt 30 ans d’existence, l’accompagnateur en montagne a réussi à trouver sa place aux côtés des figures emblématiques de la montagne que sont le guide de haute de montagne et le moniteur de ski. S’il ne peut exercer en zones glaciaires ou rocheuses nécessitant l’emploi de techniques de progression de l’alpinisme (baudrier, cordes, crampons), qui restent l’apanage des guides, il peut néanmoins évoluer à toutes les altitudes. De même, depuis 1994, il est habilité à encadrer les activités en raquette à neige, pratique qui lui doit grandement sa renaissance. Souvent pluriactif comme ses comparses guide et moniteur (agriculteur, artisan, hébergeur…), il a fait de l’espace rural montagnard son domaine de prédilection grâce à sa connaissance du terrain, des traditions et des cultures des hommes qui l’habitent.

Line Molbert accompagnatrice du bureau de montagne des Albiez, en Maurienne, s’est spécialisée dans les randonnées avec des ânes bâtés, qu’elle élève avec son mari dans l’exploitation agricole familiale

Si à ses côtés, le public peut parcourir la montagne de façon sportive (raquettes à neige l’hiver, rando pédestre, VTT ou aquatique, moyennant une qualification adéquate…), il peut aussi l’appréhender de manière plus contemplative. Et c’est sur ce dernier créneau que l’accompagnateur imprime sa marque. En témoigne la variété des randonnées à thème mises en avant par le Syndicat national des accompagnateurs en montagne, l’instance représentative des accompagnateurs*. Sont proposées par ses adhérents des sorties sur la faune, la flore, le patrimoine rural ou religieux, la géologie, la minéralogie, la lecture de paysage, les milieux humides, le pastoralisme, l’astronomie, les plantes culinaires et médicinales, l’oenologie… Autant de thèmes qu’ils ont bien évidemment potassés mais qui, avant tout, les passionnent et qu’ils ont à coeur de transmettre et de partager. En leur compagnie, la montagne gagne en proximité et en chaleur !

Sophie Chanaron

Les accompagnateurs encadrent aussi des sorties sportives : raquettes à neige l’hiver, VTT ou randonnée aquatique l’été, une activité plus accessible que le canyoning, idéale pour découvrir les milieux humides montagnards

 

Légende photo 1 : Evy Nord, accompagnatrice en montagne installée dans le massif de Belledonne côté Savoie, est incollable sur les plantes que l’on peut cueillir et cuisiner

*Le SNAM compte dans ses rangs 2500 membres sur les quelque 3000 accompagnateurs en exercice dans l’Hexagone

Formation
Pour exercer le métier d’accompagnateur en montagne, il faut être titulaire du diplôme d’accompagnateur en moyenne montagne. La formation dure de 2 à 4 ans environ, de l’examen probatoire à l’examen final. C’est une formation par alternance sous forme de modules, avec un stage en situation. L’examen probatoire constitue un test très sélectif qui exige une solide pratique de la randonnée et une bonne connaissance du milieu montagnard. Il comporte quatre épreuves, toutes éliminatoires. Pour s’y présenter il faut avoir 17 ans minimum, fournir l’Attestation de formation aux premiers secours (AFPS) et une liste d’une vingtaine de randonnées dont 5 en montagne enneigée.
Après le probatoire (durée de validité 2 ans), la formation générale commune aux métiers sportifs de la montagne sanctionne des connaissances en physiologie, anatomie, environnement économique et juridique. La formation spécifique est axée sur l’environnement montagnard, les techniques spécifiques de la randonnée, la pédagogie, la sécurité. Des qualifications complémentaires permettent d’acquérir d’autres compétences, en VTT ou canyoning par exemple. (source Onisep)