Exploités depuis 1988 par la SATA (le gestionnaire historique de l’Alpe d’Huez), les domaines skiables d’Oz et Vaujany seront gérés, à compter du 15 mai, par la Société Publique Locale des Grandes Rousses. Cette nouvelle entité regroupera les communes d’Oz-en-Oisans, via le SIEPAVEO*, et Vaujany. Quels sont les changements à attendre pour les clients ? Les réponses de Jacky Bossard, le directeur de la station d’Oz-en-Oisans, et la réaction de la SATA.

actumontagne.com : Pourquoi la délégation de service public (DSP) pour la gestion des domaines skiables d’Oz et Vaujany n’a pas été renouvelée ?
Jacky Bossard : Nous n’étions pas pleinement satisfaits des conditions proposées. Il y avait un désaccord sur les conditions financières, la commercialisation ou l’exploitation. Par exemple, sur le volet mise en valeur du domaine, le développement des territoires n’était pas assez pris en compte. Or c’est un point très important pour les communes d’Oz et de Vaujany.

actumontagne.com : Ce non renouvellement de la DSP signifie-t-il un divorce entre Oz/Vaujany et la SATA ?
Jacky Bossard
: Non. Nous souhaitons continuer à travailler en partenariat avec l’Alpe d’Huez et avec la SATA, mais autour d’un nouveau projet dont nous seront des acteurs. Dans ce cadre il conviendra de déterminer une nouvelle répartition entre les domaines liés au secteur Oz-Vaujany et ceux dont la SATA a la charge, et qui portera sur l’accès pour nos clients respectifs à l’Alpe d’Huez Grand Domaine Ski et à ses 250 km de pistes. Le client d’Auris, de Villard-Reculas ou de l’Alpe d’Huez ne devra pas se rendre compte de ces changements administratifs ou règlementaires. Idem pour notre clientèle accédant par Oz ou Vaujany. Nous souhaitons maîtriser notre commercialisation pour devenir une destination complémentaire à celle de l’Alpe d’Huez, avec nos différences et nos spécificités, mais dans une dynamique commune, tournée résolument vers l’avenir.

Jacky Bossard
Jacky Bossard

actumontagne.com : Le forfait Alpe d’Huez Grand Domaine Ski continuera-t-il d’intégrer le domaine d’Oz/Vaujany ?
Jacky Bossard : C’est bien évidemment notre souhait. Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura toujours l’hiver prochain un forfait Oz/Vaujany. Et même s’il existe potentiellement un risque qu’il n’y ait plus de forfait commun grand domaine, il est mineur. Je fais confiance à nos élus, qui sauront trouver un terrain d’entente. Il y aura bien sûr des négociations entre la SATA et la SPL des Grandes Rousses, mais le but, c’est vraiment qu’il n’y ait pas de changement pour nos clients. Il faut déjà savoir que l’offre VTT pour cet été restera la même, puisque la structure associative Anim’Alp a été reconduite dans sa mission de gestion du domaine VTT. Or elle est compétente pour un service d’animation et d’entretien des pistes sur l’ensemble du domaine, pas sur les montées mécaniques. Il pourrait simplement y avoir quelques modifications à la marge qui n’affecteront certainement pas les clientèles, mais modifieront la répartition des recettes entre la SPL et la SATA. Et la simplicité du débat pour l’offre VTT en été amènera certainement des solutions pour l’hiver.

actumontagne.com : Finalement, que va changer la création de la SPL des Grandes Rousses ?
Jacky Bossard
: La structure même de cette nouvelle entité va permettre de prendre parfaitement en compte les volontés des communes. Nous allons pouvoir appliquer nos propres idées sur la commercialisation, la gestion. Nous pourrons exploiter au mieux la complémentarité des clientèles de séjour d’Oz et de Vaujany, et avoir ainsi une plus grande efficacité dans le remplissage de nos lits. Nous souhaitons aussi travailler sur la clientèle de proximité, sans doute en proposant de nouveaux produits qui devront être définis dans les mois à venir.

Propos recueillis par Martin Léger

* Syndicat Intercommunal d’Etudes et de Programmation pour l’Aménagement de la Vallée de l’Eau d’Olle

La SATA dans l’expectative
A la SATA, Jean-Christophe Hoff prend acte de la décision de Vaujany et d’Oz-en-Oisans de ne pas renouveler au gestionnaire historique de leur domaine skiable respectif, la délégation de service publique. «Chacun est maître chez soi, je respecte cette décision », commente le directeur général, qui se dit néanmoins déçu par rapport au travail accompli ensemble pendant 25 ans. Pour lui, l’important, c’est le produit, en l’occurrence Alpe d’Huez Grand Domaine. «C’est lui qui fait l’attractivité de notre destination, au 4e rang en journée skieurs et au 8e rang mondial en chiffre d’affaires», souligne-t-il en indiquant que la SEM qu’il dirige s’inscrit dans une vision globale, à l’échelle du massif. «Chaque euro gagné est réinvesti sur le territoire dans l’objectif de maintenir la destination parmi les plus grandes destinations ski ». Et de préciser qu’il attendait maintenant la création de la SPL des Grandes Rousses pour discuter de l’avenir et voir comment les deux exploitants allaient travailler ensemble.
S.C.