Paraplégique suite à un accident de skateboard en 1998, Jérôme Elbrycht, vainqueur des X- Games 2016 à Aspen en moniski cross, est le parrain du Gavaggio Monster Cross aux Arcs (23-26 février). Un rôle qui ravit celui qui est aussi champion de wakeboard assis, épaté par la fougue des jeunes riders en lice.

Actumontagne : C’est votre victoire aux X-Games le 30 janvier dernier qui vous vaut d’être le parrain du GMX cette année ?
Jérôme Elbrycht : Oui, mais c’est aussi parce que je connais l’événement. J’y suis venu il y a trois ans, à l’invitation d’Enak Gavaggio, pour faire une démo sur le tracé en fauteuil-ski. Vu que j’ai gagné les X-Games cette année et que j’étais le seul handiskieur à m’être déplacé il y a trois ans, Enak a souhaité que je sois le parrain des GMX. Je suis ravi !

Jérôme Elbrycht, parrain du GMX Les Arcs, sur la photo souvenir de l'édition 2016 ©Kab Kareem

Actumontagne : Quel est votre rôle au GMX ?
JE : Je suis là pour encourager les jeunes, qui sont vraiment chauds et ont sacrément la niaque ! Je fais aussi des passages sur le tracé avec les gamins, des images. J’ai d’ailleurs fait une reconnaissance du parcours tout à l’heure, mais j’ai cassé mon ski au départ. Il va falloir que je le change ce soir. J’en ai un autre dans mon camion en un peu meilleur état !

Actumontagne : Pensez-vous avoir valeur d’exemple pour les jeunes en général et les jeunes en situation de handicap en particulier ?
JE : Un exemple, je ne sais pas, ça me fait un peu sourire, parce que j’essaie juste de faire mon bout de chemin. Mais c’est vrai que je montre que c’est possible de faire du skicross assis.

Près de 500 participants au GMX Les Arcs 2016, Grabd Prix de France Jeune de skicross. Parmi eux, peut-être le successeur de Jean-Frédéric Chapuis? ©Kab Kareem

Actumontagne : Existe-t-il des épreuves de skicross assis en dehors des X-Games ?
JE : Non. Et il n’y en a d’ailleurs que dans la version américaine des X-Games. Aux X-Games Europe, qui ont lieu en ce moment à Oslo, il n’y a pas d’épreuves de boardercross. Sinon, j’aurais fait acte de candidature !

Actumontagne : Vous n’avez pas été tenté par l’alpin, pour lequel existe un vrai circuit mondial et qui figure aux Jeux paralympiques ?
JE : J’ai fait des courses en alpin en 2006, mais ça m’a vite ennuyé ! Les piquets, attendre son tour, ce n’est pas mon truc, ni mon délire. Je fais du ski libre. Je fais de la fraîche quand il y en a, je vais au snowpark. Bref, je skie quand j’en ai envie et quand je peux suivre financièrement, sans contrainte !

Actumontagne : Quelles sont pour vous les stations de ski qui sont le plus adaptées pour les handis ?
JE : Je ne les connais pas toutes. Pour skier, ce n’est pas un problème, dès lors qu’il y a des télésièges. Le souci, c’est plutôt l’accessibilité dans la station. Pouvoir être autonome en fauteuil et se déplacer sans l’aide de quelqu’un parce qu’il y a trop de marches, c’est souvent ce qui fait défaut dans les stations de ski. Je connais bien La Plagne et aussi Les 2 Alpes, où il est assez facile de circuler en fauteuil. Les commerces sont majoritairement de plain-pied.

 

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