Isabelle Sauron est conteuse. Cet été, elle vous balade au fil de ses histoires, dans les forêts, en bord de rivière ou sous les étoiles. Une escapade scientifique et enchantée en Vallée verte, du côté d’Habere-Poche, en Haute-Savoie.


En déroulant le fil d’Ariane de sa vie, Isabelle Sauron a trouvé sa voie : celle du conte. Depuis une dizaine d’années, elle raconte des histoires aux vacanciers, aux écoliers ou aux malades. « J’ai cheminé tranquillement dans le monde des contes, rapporte la mère de famille, je me suis fait une clientèle et j’ai compris que c’était là ma ‘‘voix » ».
Au début de son histoire, Isabelle est directrice du service éducatif de Paysalp, le musée des traditions populaires de Viuz-en-Sallaz, dont elle est aussi à l’origine. Elle découvre les vertus du conte en accompagnant son fils à un voyage scolaire. « J’ai raconté une histoire. Une enfant autiste est venu me parler. Il était très calme, il me posait des questions. Ça a été comme un message : plus je racontais des histoires et plus l’enfant était disponible ». Sans s’en laisser raconter, Isabelle apprend donc sur le tas. Stages auprès de conteurs chevronnés, cours de théâtre pour apprendre les techniques d’expression, assortis d’un important travail personnel, scellent sa nouvelle destinée. Aujourd’hui, Isabelle lit et relit, beaucoup : les contes et légendes de Savoie côtoient dans sa mémoire les légendes scandinaves, les mythes universels et les connaissances plus scientifiques, botaniques et géologiques. Sur ce fond livresque, elle construit des trames d’histoire, des canevas à partir desquels elle brode, recherchant des synonymes, multipliant, sur le papier, les descriptions de lieux. Le travail consiste enfin à repérer des endroits accessibles à tous et fournissant le cadre de l’histoire qu’elle va dérouler. « C’est l’environnement qui fait naître l’histoire, souligne-t-elle, parfois, c’est aussi le public qui raconte des choses et je pars de ça ».


Sous les étoiles


En Vallée Verte, Isabelle Sauron a jeté son dévolu sur le plateau des Moises, au-dessus d’Habère-Poche. Un site idéal pour accueillir des balades contées et les décliner, en bord de rivière ou en forêt, en fonction du public. Dans ce temple de nature, les rochers et les herbes folles dansent sous ses mots. « Aux Moises, il y a la parisette, explique-t-elle, c’est une plante toxique, alors je dis aux enfants que c’est une sorcière qui s’est transformée en plante. C’est une façon de faire passer le message ». Un message qui passe très bien aussi auprès des adultes qui forment ses principaux auditeurs estivaux…
Renseignements : office de tourisme d’Habère-Poche : 04 50 39 54 46.


Laurent Gannaz