Charpentier à la retraite, Jean-Noël Bottolier-Depois est aujourd’hui berger d’abeilles. Une  appellation qui fait référence à sa pratique de l’apiculture pastorale, qui consiste à faire transhumer les colonies d’abeilles.  Tous les mardis matins des vacances, il reçoit chez lui à Cordon pour en parler et faire découvrir l’incroyable vie d’une ruche.

Les abeilles de  Jean-Noël Bottolier-Depois sont de grandes voyageuses. Après avoir passé l’automne et l’hiver du côté de la Sainte-Baume en Provence, où elles se délectent des fleurs et arbustes mellifères de la garrigue, elles séjournent du côté de Sallanches en mai, avant de monter à Cordon, et pour une partie de ses colonies, d’emmontagner à Argentière. Elles y resteront jusqu’en août, à butiner les rhododendrons, les ronces,  les framboisiers ou le  miellat des aiguilles des sapins. L’apiculteur amateur fait transhumer ses ruches pour  profiter des floraisons successives. C’est pour cela qu’il se présente comme un berger  d’abeilles, une jolie expression « empruntée à nos voisins suisses ». Comme un berger ses moutons, Jean-Noël veille sur ses belles des champs avec une attention de tous les instants. Et se désole des  nombreux fléaux actuels qui les fragilisent : le varroa (parasite), le frelon asiatique, les pesticides, les ondes radio…
C’est depuis que cet ancien charpentier est à la retraite qu’il a pu renouer avec sa passion pour cet insecte pollinisateur. Une passion qu’il aime partager avec les petits et les grands. « Il y a un fort regain d’intérêt pour l’apiculture, sans doute lié à ce retour à la nature qui se manifeste aussi par un engouement pour le jardinage », constate Jean-Noël qui ouvre les portes de son rucher de Cordon tous les mardis matins de l’été.
Pendant une heure trente, voire plus, si les questions fusent, il raconte le travail des abeilles, le rôle de la reine, les particularités du miel de montagne. Et bien sûr, fait goûter le fruit de ses deux récoltes annuelles. Une rencontre enrichissante et gourmande, à compléter pour les plus curieux, l’après-midi, par une autre découverte proposée par ce féru de patrimoine. Celle de l’ancienne scierie hydraulique de son grand-père. Il l’a remise en état et l’actionne pour l’occasion.  C’est d’ailleurs dans l’atelier de menuiserie de cette petite merveille de mécanique datant de 1840 qu’il fabrique ses jolies ruches en bois.

Sophie Chanaron

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