A l’heure de la 24e édition du Festival international du film de montagne d’Autrans, programmé du 28 novembre au 2 décembre, rencontre avec Mireille Chiocca, sa directrice, et par ailleurs présidente de l’Alliance internationale pour le cinéma de montagne, qui réunit dix-sept festivals dans le monde.

actumontagne.com : Comment se présente la 24e édition du festival d’Autrans ?
Mireille Chiocca : Très bien ! Le Festival reste une manifestation incontournable pour les passionnés et les professionnels de la montagne qui viennent à Autrans pour la qualité de la sélection des films, parmi lesquels de nombreuses œuvres inédites, et pour l’ambiance. Nous accueillons environ 10 000 personnes sur les cinq jours.

actumontagne.com : Quelles sont les œuvres que vous recommandez cette année ?
M.C. : Cette année, beaucoup de découvertes, tant côté fictions que documentaires avec, comme toujours, une très forte coloration internationale. Nous aurons pour la première fois un documentaire philippin qui retrace la première expédition philippine à L’Everest en mai 2006. L’équipe fera d’ailleurs le déplacement à Autrans. La rencontre promet d’être intéressante ! Pour nos coups de cœur, citons, pour les fictions, Khadak, film de deux cinéastes belges et allemands qui a reçu le Lion du futur à Venise en 2006 et le prix Luigi de Laurentiis de la première œuvre. Cette œuvre très onirique et poétique, qui montre des paysages de la Mongolie époustouflants, n’a pas encore trouvé de distributeur en France. Elle mérite vraiment d’être découverte à l’occasion de cette avant-première nationale. Autre avant-première, Ulzhan de Völker Schlondorff, avec Philippe Torreton et David Bennent. L’action se déroule en Asie centrale. Côté documentaires, citons le film Catherine Destivelle : Passion des Cimes, un portrait sensible et poétique de l’alpiniste, réalisé lors de sa grande traversée du Massif du Mont-Blanc. A ne pas rater non plus, Prisonniers volontaires de la banquise, qui raconte l’expédition polaire à bord de Tara, ce voilier scientifique qui effectue des mesures dans l’Arctique.

 

actumontagne.com : Justement, le Festival célèbre l’année internationale polaire…
M.C : La 24e édition rend effectivement hommage aux expéditions polaires de Paul -Emile Victor. Son fils Stéphane sera présent. Plusieurs scientifiques de l’expédition Tara seront aussi parmi nous. Dans le cadre des rencontres d’écrivains, Claude Lorius, glaciologue et Sylvain Jouty, journaliste, interviendront sur ce thème. A la veille des 40 ans des JO de Grenoble, le festival d’Autrans anticipe par ailleurs la célébration de cet anniversaire, avec un hommage au cinéaste des Jeux grenoblois, Jack Lesage, lui aussi en notre compagnie durant le festival. Le bar du festival, rebaptisé le Bar Olympique, sera d’ailleurs relooké façon JO de 68 et exposera des collections d’objets et pièces en relation à cet événement, à l’initiative du Coljog (conservatoire, observatoire, laboratoire des Jeux olympiques de Grenoble).

actumontagne.com : Le festival consacre aussi une grande soirée à l’alpinisme avec la fédération des clubs alpins (FFCAM) ?
M.C. : La FFCAM est un de nos grands partenaires. Cette année, à l’occasion de l’ascension en solitaire l’été dernier, de la voie « A travers le poisson » dans les Dolomites, par le grimpeur Hansjörg Auer, un débat est organisé autour de cette performance exceptionnelle. Cinq grandes figures de l’alpinisme et de l’escalade extrêmes seront sur l’estrade, dont Hansjörg Auer, Patrick Edlinger ou encore Igor Koller. Il sera question de limites à dépasser et d’engagement… Un rendez-vous très important programmé le vendredi 30 novembre dans la salle de projection du village olympique à 18h, juste avant la projection du documentaire sur Catherine Destivelle.

actumontagne.com : Quid du festival off Les bobines de l’extrême ?
M.C. : C’est sa quatrième édition cette année. Ce rendez-vous des fanas de la glisse et des sensations fortes présente une sélection de films pros et amateurs avec au menu du speed-riding, du kite-surf, de l’airboard ou du parapente acrobatique. Ses animateurs ont bien évidemment prévu de nombreuses animations, en marge des projections.

actumontagne.com : Le Festival se déroule quelques semaines seulement après les Rencontres du film de montagne de Grenoble, qui connaissent un grand succès public. Cela est-il gênant pour le festival d’Autrans ?
M.C. : Les deux manifestations sont différentes et ne ciblent pas tout à fait le même public. Les Rencontres visent le très grand public et les jeunes. Le festival draine sans doute davantage de montagnards purs et durs ! Et puis nous avons tout un aspect production cinématographique qui déplacent des professionnels du cinéma venant faire leur "marché". Rappelons que les Rencontres de Grenoble sont nées dans le sillage du Festival d’Autrans, qui avait décidé de projeter dans une salle de cinéma grenobloise les films primés. C’était l’occasion de donner une plus grande visibilité à ces œuvres. Grenoble a ensuite décidé de créer son propre événement autour du cinéma de montagne. Très bien. Par contre, c’est vrai que la date retenue nous contrarie et que nous militons pour que ses organisateurs déplacent leur manifestation sur une autre période. Nous souhaitons reprendre le principe d’une diffusion des films primés à un plus large public d’où nos contacts avec des villes de l’agglomération grenobloise qui devraient bientôt se concrétiser.
Propos recueillis par Sophie Chanaron

Photo de Une : Mireille Chiocca accompagnée de Martine Gamot, présidente de l’association des amis du festival

- Advertisement -