412 concurrents ont participé, samedi 20 et dimanche 21 juillet, à l’Ultra Tour du Beaufortain, un trail de 103 km et 6200 mètres de dénivelé positif. Evoluer dans des paysages superbes et accomplir un défi personnel sont les deux principales motivations de ces coureurs hors-normes.

Le col de la Roche Pourrie, le Lac Tournant, le col du Coin, la Croix du Berger, le Passeur de la Mintaz (aussi appelé « Col à Tutu »), le col du Grand Fond, la brèche de Parozan, la Ruine de la Grande Berge, le refuge de Plan Mya, ou encore le Refuge de la Croix du Bonhomme sont autant de buts de randonnée pédestre, qui ont largement de quoi occuper des touristes pendant une semaine ou deux. A l’occasion de l’Ultra-Tour du Beaufortain, les concurrents reliaient tous ces points – et beaucoup d’autres – en l’espace d’une seule journée ! « Après un départ du Plan d’Eau de Queige, les concurrents grimpaient 1500 mètres de dénivélé en l’espace de 9 km, évoluaient ensuite pendant 90 km dans des alpages, crêtes et petits cols, avant la redescente finale sur Queige d’environ 10 km, depuis le Signal de Bisanne », résume François Camoin, le président de l’association organisatrice de cette épreuve hors-normes, « Les Amis du Trail du Beaufortain ».

© Martin Léger

Evidemment, s’aligner sur une telle course n’est pas donné à tout le monde . « Ce sont des athlètes qui ont l’habitude de courir longtemps, qui peuvent tenir au moins 5 ou 6 heures d’affilée assez aisément. Généralement, ils font bien trois ou quatre entraînements par semaine, et aussi pas mal de vélo, parce que c’est plus reposant pour les articulations que la course à pied », estime François Camoin. « J’ai un entraînement quasi quotidien, avec soit des séances de course à pied d’une heure, soit des séances de vélo de deux heures. Suivant les semaines, ça représente en moyenne cinq à dix heures d’entraînement », confirme David Gosselin, un concurrent venu spécialement de Basse-Normandie (de Vire exactement) pour la course.

© Martin Léger

Indépendamment du résultat final, participer à l’Ultra Tour du Beaufortain est déjà une performance hors du commun, un exploit. « De nombreux coureurs viennent ici pour voir s’ils sont capables de tenir 100 km. Ils viennent avant tout par défi personnel. Même les meilleurs ne sont pas certains de terminer la course », estime François Camoin. Une prédiction confirmée, quelques heures plus tard, par l’abandon de Ludovic Pommeret, que l’organisateur de la course citait pourtant parmi les favoris. D’ailleurs, sur les 412 partants, on comptait 174 abandons et 37 coureurs hors délai, pour seulement 201 classés, qui ont accompli le parcours en 13h26 pour le premier, 26h56 pour le dernier. Les 201 « finishers » sont donc ceux qui ont le mieux su gérer la fatigue, en adaptant leur foulée au terrain. « En général, les meilleurs marchent très très vite en montée, courent moyennement vite sur les plats et très vite en descente. Derrière, les autres concurrents marchent moins vite dans les montées, alternent marche et course sur le plat, et sont moins agiles dans les descentes », explique François Camoin.

François Camoin, organisateur de l'Ultra Tour du Beaufortain © Martin Léger

S’ils accomplissent un véritable exploit sportif, les concurrents d’une course comme l’Ultra Tour du Beaufortain ne semblent pourtant pas animé d’un esprit de compétition pur et dur. Lorsque nous l’avons croisé au ravitaillement de la Gittaz (km 61,5), Guillaume Lenormand, un concurrent originaire d’Allos qui allait terminer 12ème de l’épreuve, semblait beaucoup moins focalisé sur son classement que sur le chamois qu’il avait aperçu quelques kilomètres plus tôt sur les crêtes. « Même s’il faut regarder un minimum ses pieds – le parcours se déroule en majorité sur du sentier monotrace parfois assez technique, ndlr – je m’efforce de lever la tête un maximum. Ce serait quand même dommage de ne pas profiter de ces paysages magnifiques. » David Gosselin, qui a lui terminé 11ème de l’épreuve, abondait dans le même sens, et résumait ainsi ce qui caractérise l’Ultra Tour du Beaufortain : « J’en ai plein les jambes, mais plein les yeux aussi ! »

Martin Léger

vue splendide sur le lac de Roselend © Martin Léger

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