Pour la septième fois de son histoire (après 1961, 1977, 1985, 1993, 2004 et 2008), l’Alpe d’Huez accueille le Challenge des Moniteurs ESF. Quelque 4000 « pulls rouges » sont attendus du 15 au 20 avril dans la station de l’Oisans pour une semaine de compétition et de fête. Présentation de l’événement avec Xavier Perrier Michon, le directeur de l’ESF de l’Alpe d’Huez.

Actumontagne.com : Quelles sont les épreuves organisées pendant le Challenge des Moniteurs ?
Xavier Perrier Michon : Il y a bien sûr du ski alpin, mais aussi du ski nordique, du télémark, du skicross, du snowboardcross, et du ski et snowboard freestyle (sous forme de slopestyle). Au total, ça représente environ 2500 compétiteurs et compétitrices, des stagiaires (17 ou 18 ans) jusqu’aux vétérans 6 (les plus âgés ont plus de 70 ans), plus 1500 accompagnants. Les compétitions se déroulent sur le Stade de Slalom et sur le Signal (pour l’alpin et le télémark), sur le snowpark du Lac Blanc pour le freestyle (boardercross et slopestyle) et en front de neige pour le ski nordique.

Actumontagne.com : Quelle logistique demande l’organisation du Challenge des Moniteurs ?
Xavier Perrier Michon : Il y a déjà une énorme mobilisation humaine. Près de 150 des 200 moniteurs ESF permanents de l’Alpe d’Huez sont impliqués dans la préparation des pistes, le lissage,etc. La cinquantaine de moniteurs restante assure les cours collectifs, puisqu’il s’agira de la première semaine des vacances scolaires de printemps. Nous sommes aussi bien épaulés par le service des pistes et les remontées mécaniques, qui nous mettent à disposition un important stock de neige de culture et assurent un damage régulier. Ceci afin de nous permettre de proposer des pistes avec un fond suffisamment dur pour que les conditions de course soient les plus équitables possibles pour l’ensemble des concurrents. Dans la même optique, nous avons cette année investi dans des épandeurs à sel, qui sont habituellement utilisés par les communes pour déneiger ou dégeler les routes. Ils vont nous permettre de répandre au mieux les quatre tonnes de sel que nous avons commandées. Le sel utilisé permet en effet de durcir la neige, avec un effet quasi immédiat (trente secondes à une minute). C’est très utile lorsque nous avons de la neige de printemps.

Actumontagne.com : Quel est le niveau de la compétition ?
Xavier Perrier Michon : Il est extrêmement élevé, d’autant que certains moniteurs s’entraînent tout l’hiver – en dehors de leurs cours – en vue de cet événement. Il suffit de regarder le palmarès de la grande finale – l’épreuve reine, qui est un slalom de ski alpin – pour s’en convaincre. On y retrouve des gens comme Stéphane Tissot, Alexandre Anselmet, Pierre Paquin ou Romuald Licino. Ce sont tous des coureurs qui ont fait partie des équipes de France, avant ou après leur victoire au Challenge. Dans toutes les disciplines, on retrouve des coureurs qui ont déjà couru en coupe du monde, où qui sont susceptibles d’évoluer à ce niveau. Il faut toutefois noter que les coureurs qui évoluent en coupe du monde et sont encore en activité ne peuvent pas participer aux épreuves.

Actumontagne.com : Que représente le Challenge des Moniteurs pour une station comme l’Alpe d’Huez ?
Xavier Perrier Michon : De façon générale, tous les moniteurs apprécient le Challenge, parce que c’est une grande fête de fin de saison. C’est aussi un objectif qui nous motive. Pendant près d’une dizaine d’années, l’ESF de l’Alpe d’Huez a remporté le Challenge de la performance, qui est un classement combiné de l’ensemble des épreuves. Nous avons simplement perdu notre titre l’an passé, au profit des Menuires. Nous avions quand même terminé troisièmes. Mais encore plus que les résultats que nous y obtenons, le fait d’organiser le Challenge est extrêmement important. Nous avons à cœur de proposer à la fois des pistes parfaitement préparées pour les compétitions, et des animations de qualité en après-ski. Cette volonté nous incite à nous serrer les coudes. L’accueil du Challenge est donc excellente pour la cohésion et l’état d’esprit de l’ESF qui l’organise.

Propos recueillis par Martin Léger

Photo Une et 2 Laurent Salino/OT Alpe d’Huez

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