Comme à son habitude, le Critérium du Dauphiné 2013 servira de répétition grandeur nature aux principaux favoris du prochain Tour de France. Alberto Contador, Christopher Froome, Joaquim Rodriguez, Alejandro Valverde et autres Pierre Rolland seront les têtes d’affiche de cette 65ème édition, qui démarre dimanche 2 juin de Champéry (Suisse) pour s’achever dimanche 9 juin à Risoul (Hautes-Alpes).

Comme à son habitude, le parcours de l’épreuve offre un profil similaire à celui du Tour de France, dans un laps de temps plus court. Contrairement à l’an passé, l’exercice contre-la-montre sera réduit à la portion congrue. En effet, il n’y aura pas de prologue, et la seule étape chronométrée (la 4ème, mercredi 5 juin, entre Villars-les-Dombes et le Parc des Oiseaux, dans l’Ain), ne fera que 32,5 km. Les sprinters n’auront aussi que très peu d’occasions de briller : seule la troisième étape, mardi 4 juin, entre Ambérieu-en-Bugey et Tarare, semble propice à une arrivée massive. Et encore, le sommet du col des Sauvages (classé en troisième catégorie, 4 km de montée à 5,5 %) n’étant situé qu’à 10 km de l’arrivée, des baroudeurs comme Thomas Voeckler pourraient damer le pion aux sprinters.
la montée de l'Alpe d'Huez sera au programme de l'avant-dernière étape ©ASO

« Si l’Union Cycliste Internationale nous impose des règles concernant les distances des étapes – nous n’avons le droit qu’à une seule étape de plus de 220 km – il n’existe pas de cahier des charges particulier en ce qui concerne les cols et côtes. Simplement, nous essayons de créer un parcours plutôt équilibré entre étapes de montagne, de plaine, et contre-la-montre, afin qu’un maximum de coureurs puissent y trouver leur compte », explique Bernard Thévenet, directeur de course du Critérium du Dauphiné. L’ancien double vainqueur du Tour de France concède toutefois : « Nous essayons de remercier en quelque sorte les coureurs qui viennent chez nous plutôt que sur le Tour de Suisse – qui se déroule presque aux mêmes dates – en leur proposant certaines portions de parcours identiques à celles qu’ils retrouveront sur la Grande Boucle. C’était le cas l’an passé sur l’étape du Grand Colombier. Ce le sera encore en partie cette année lors de l’étape Pont-de-Claix / SuperDévoluy, au cours de laquelle les coureurs enchaîneront les ascensions de l’Alpe d’Huez, du col de Sarenne et la descente technique vers le Freney d’Oisans. Même si les principaux favoris effectuent des reconnaissances des étapes clés du Tour, rien ne remplace une répétition en configuration de course. »

Un immense tifo aux couleurs de l’ESF et de France Montagnes

Malgré cette volonté de conserver un certain équilibre dans le parcours, les organisateurs du Critérium du Dauphiné tâchent de se calquer sur le profil du Tour de France. Après avoir fait la part belle aux rouleurs l’an passé, ils offrent cette année un terrain particulièrement propice aux grimpeurs. La première étape (Champéry – Champéry, via notamment le col du Corbier (1ère catégorie, 7,6 km à 7,5 %) donnera le ton, même si elle n’est pas assez sélective pour permettre aux favoris de creuser des écarts significatifs. Les quatre derniers jours de course devraient en revanche se révéler décisifs. La 5ème étape, jeudi 6 juin, offrira un terrain propice à une explication entre cadors, avec une arrivée à Valmorel (12,7 km de montée à 7 %). « Cette arrivée à Valmorel, ça fait au moins trois ans qu’on voulait la faire. Mais les années précédentes, nous n’avions pas pu car les autres villes étapes étaient trop proches ou trop éloignées de Valmorel », explique Bernard Thévenet.

2ème de l'épreuve en 2010, Alberto Contador sera l'un des principaux candidats à la victoire ©ASO

Le lendemain, vendredi 7 juin, les coureurs iront de La Léchère à Grenoble via les balcons de Belledonne, avec le col du Barioz (7,1 km de montée à 7,3 %) comme principale difficulté. Lors de l’avant-dernière étape, samedi 8 juin, le peloton affrontera donc l’Alpe d’Huez et le col de Sarenne en début de parcours, avant de filer vers SuperDévoluy (Hautes-Alpes), après notamment la difficile ascension du col du Noyer (7,5 km à 8,2 %), dont le sommet ne se trouve qu’à 11,5 km de l’arrivée. Enfin, la dernière étape, dimanche 9 juin, au départ de Sisteron, proposera d’escalader le col de Vars avant de redescendre sur Guillestre et d’achever l’étape à Risoul, après une montée de 13,9 km à 6,7 % de moyenne. A noter, lors de cette dernière étape, une opération de communication de France Montagnes (l’organisme en charge de la promotion de la montagne français), en préambule au passage des coureurs. Un peloton de cyclistes amateurs, composé de moniteurs des Ecoles du Ski Français, ouvrira la route aux pros. Dans les derniers lacets du col de Vars, aux environs de 13h, ils déploieront un immense « tifo » de 400 m² (aux couleurs de France Montagne et de l’ESF), invitant les Français à venir passer leurs vacances d’été en montagne. Bref, le 65ème Critérium du Dauphiné promet d’être animé à tous points de vue…

Martin Léger

Photos : ASO

©ASO

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