La Clusaz accueillait ce week-end le 5ème Candide Invitational, rassemblement de ski et snowboard freestyle organisé par et autour de Candide Thovex, enfant du pays et star mondiale de la discipline. Comme chaque année depuis 2003, les meilleurs riders français et internationaux ont envoyé du (très très) gros sur les modules gigantesques spécialement construits pour l’occasion sur le massif de Balme et en front de neige, au cœur de la station.

Thomas « Bichon » Diet est plutôt du genre tête brûlée. Lors de l’édition 2005 de la Freeride des Arcs, le skieur de Val Thorens avait ainsi obtenu la ceinture du « run de porc », récompensant la descente la plus engagée de la compétition, c’est dire… Pourtant, samedi, à La Clusaz, Bichon nous a avoué ressentir une certaine peur, « quand je me retrouve devant ce module de psychopathe. Il faut vraiment être couillu (sic) pour oser engager un saut là-dessus ».

terrain de jeu pour freestylers enragés

L’objet des craintes de Thomas se nomme Grosse Bertha. Pas le célèbre canon utilisé pendant la Première Guerre Mondiale, mais le plus gros big air construit pour le Candide Invitational, avec un plat de 45 mètres entre la bosse d’élan et la pente de réception ! « Pour la passer sans encombre, les riders doivent voler sur 50 à 60 mètres », explique Hervé Dupont, responsable de la sécurité pendant l’événement. Il aura manqué quelques mètres à Baptiste Collomb-Patton, qui avait accepté d’endosser le costume très peu convoité du mannequin de crash-test sur ce module. Bilan : atterrissage sur le plat (sachant que les skieurs évoluent sur cette bosse à près de 10 mètres au-dessus du sol), un genou en vrac et une fracture du poignet.

Trois semaines de préparation

Bref, vous l’aurez compris, ça envoyait du très très gros ce week-end du côté de La Clusaz. Les quelque 140 freestylers invités par Candide Thovex ont régalé le public de leurs plus folles acrobaties sur des bosses toutes plus monstrueuses les unes que les autres, comme ce step up (c’est-à-dire un saut dont la réception se situe plus haut que la bosse) pour lequel ils devaient prendre environ 150 mètres d’élan sur une pente presque autant inclinée qu’une piste de kilomètre lancé ! « A côté des modules proposés ici, ceux des snowparks américains (le must du must), c’est de la gnognotte ! », estime Antoine Diet, le frère de Thomas.

Pour aménager le terrain de jeu de Candide et ses potes, La Clusaz n’avait pas lésiné sur les moyens : trois semaines de préparation qui ont mobilisé deux dameuses à temps plein et quinze shapers, sous la houlette de Fabien Cattanéo, référence française en la matière, mais aussi une quarantaine de bénévoles et un budget global de 450 000 euros. Autant dire que tous les riders étaient aux anges : « C’est ma deuxième participation à l’événement, et c’est encore plus beau que l’année dernière, explique Mirjam Jaeger, freestyleuse de Zurich. L’ambiance entre les riders est vraiment sympa. C’est plus détendu que sur les compétitions. On n’est pas là pour gagner, mais juste pour se faire plaisir, et ça c’est vraiment cool ».

Martin Léger