Tignes accueillait ce week-end le Pro Beach Soccer, étape qualificative pour la phase finale du championnat d’Europe de la discipline. Retour sur un événement mêlant sport de haut niveau, show à l’américaine et ambiance de carnaval.

On les a d’abord croisés en train de déambuler en tongs dans les rues de la station, comme de simples touristes. On les a revus quelques heures plus tard, taclant chaque ballon comme des morts de faim, pour remporter un match de football de plage pourtant bien mal engagé face à l’Espagne (succès aux tirs aux but après avoir été menés 5-1). Ces deux images des joueurs de l’équipe de Pologne, victorieuse du 3ème Pro Beach Soccer de Tignes, résument l’esprit de cet événement : une compétition sportive d’une grande intensité, disputée dans une ambiance décontractée.
Pour assurer le succès de la manifestation, Tignes n’a pas lésiné sur les moyens. Il a ainsi fallu trente semi-remorques pour acheminer depuis Valence (Drôme) les 750 tonnes de sable nécessaires à la confection du terrain, accessible au public pendant le reste de l’été. La capacité du stade a aussi été portée à 3500 places, contre 2000 les années précédentes. Au total, les frais d’organisation s’élèvent à 200 000 €. Un investissement certes conséquent, "mais largement rentabilisé par les 3 à 4 millions d’euros de retombées médiatiques à travers toute l’Europe", assure Sébastien Mérignargues, directeur de la station. Voilà pour le côté coulisses.

Papinades et show à l’américaine

Vu des tribunes, ce troisième Pro Beach Soccer a aussi été un succès. Les 6000 spectateurs présents tout au long du week-end n’ont pas eu le temps de s’ennuyer devant un spectacle sans temps mort, avec par exemple trois buts inscrits en … cinq secondes au cours de la rencontre pour la 5ème place, remportée 3-2 par la France face au Portugal !

La réussite du beach soccer –  né au Brésil en 1993 et importé en France en 1997 par les frères Cantonna – s’explique aussi par un détonnant mélange des genres. "Ce sport requiert une très bonne vision du jeu et une excellente maîtrise des gestes aériens", explique Henri Emile, ancien intendant de l’équipe de France de football, présent à Tignes en sa qualité de responsable du football diversifié au sein de la fédération française. Conséquence : les ciseaux retournés et autres "papinades" sont légion, pour le plus grand plaisir du public. Plutôt latin dans son jeu, le beach soccer s’inspire aussi de la culture des sports US, avec notamment une entrée des joueurs sur le terrain façon basket, un par un et en musique. Sans oublier une touche brésilienne avec l’intervention d’une battucada entre chaque tiers-temps (les matchs se disputant en trois périodes de douze minutes).

Bref, Joël Cantonna, promoteur officiel du beach soccer en France, dressait un bilan largement positif de ce troisième tournoi de Tignes. "Etape magnifique, très bien organisée, avec des joueurs au top. Le public s’est vraiment pris au jeu grâce à des renversements de situation extraordinaire, notamment en finale". Et le frère d’Eric de conclure : "C’est sûr, nous serons encore présents à Tignes en 2007".

Martin Léger