Briançon accueille du 15 au 20 juillet 2013 la 24ème édition de son Mondial de l’Escalade, au cœur des anciennes casernes du quartier Berwick. Une étape de la coupe du monde, une coupe de France jeunes et le championnat de France vétérans sont au programme.

« On nous appelle le Roland-Garros de la grimpe », affirme avec fierté Philippe Ligerot, l’organisateur de ce Mondial de l’escalade. La comparaison avec le célèbre tournoi de tennis tient beaucoup à l’ancienneté de l’épreuve, « la plus vieille compétition en France, la deuxième plus vieille étape sur le circuit international, derrière celle d’Arco, en Italie ». Le secret de cette longévité ? « Nous pouvons nous appuyer sur des gens très motivés, et nous avons un important réseau de partenaires. Grâce aux importantes retombées médiatiques et économiques générées par l’événement, notre association – « Les internationaux d’escalade de Serre Chevalier » – est reconnue d’intérêt général, ce qui permet de faire des dons défiscalisés à hauteur de 66 % », indique Philippe Ligerot.
© Nono Proietti

 

Entièrement gratuite pour les spectateurs, cette semaine du Mondial de l’Escalade connaît un vrai succès populaire : 17 000 spectateurs en 2012, dont 8000 le soir des finales de la coupe du monde. Depuis 2011, le public peut aussi être acteur de l’événement, grâce à l’opération « Faites le Mur », qui se déroule cette année mercredi 17 juillet, de 19h à 23h30. « Nous proposons au public de grimper sur le mur utilisé pour la coupe du monde. Il y a deux voies plutôt faciles – de niveau 6a, sur une échelle où 9b+ est le maximum – assurées en moulinette par des gendarmes du PGHM, et deux voies plus techniques – en 7a et 7c-8a – où les grimpeurs évoluent en autonomie. Et pour que la fête soit complète, nous proposons un concert à partir de 21h. Cette année, c’est le groupe de hip-hop Consortium qui se produira sur la scène installée à côté du mur », précise l’organisateur.

« Permettre aux grimpeurs de s’éclater au maximum »

Le succès et la pérennité du Mondial de l’Escalade doivent aussi beaucoup à une certaine éthique de l’escalade, un peu à contre-courant de celle qui tend à s’imposer sur le circuit mondial. « De plus en plus, les murs des étapes de coupe du monde font à peine 15 ou 16 mètres de haut et sont rectilignes. Il s’agit en quelques sortes d’escaliers qui se rétrécissent en montant, c’est-à-dire avec des prises faciles en bas et très dures en haut. Du coup, les grimpeurs arrivent rarement au sommet. Nous n’avons pas un mur beaucoup plus haut – 18 m – mais nous traçons des voies en diagonale sur près de 25 mètres en développé. Pour nous, l’objectif n’est pas de faire tomber les compétiteurs, mais de leur permettre de s’éclater au maximum, ce qui est la garantie d’un beau spectacle pour le public. On essaie de n’avantager aucun gabarit par rapport à un autre », précise Philippe Ligerot.

© Nono Proietti

Première des huit étapes de la coupe du monde 2013, ce Mondial de l’escalade s’annonce encore plus passionnant que les années précédentes, « parce qu’il y a toujours une volonté de marquer un grand coup en début de saison. Les Français ne seront pas forcément favoris, mais Hélène Janicot, Charlotte Durif, Manu Romain et Romain Desgranges devraient tous au moins faire partie des huit finalistes, voire faire un podium », conclut l’organisateur du Mondial de l’escalade de Briançon.

Martin Léger

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