Apparu en Suisse il y a cinq ans, l’airboard, coussin gonflable sur lequel on évolue à plat ventre, la tête en avant, révolutionne la pratique de la luge. Nous l’avons testé l’hiver dernier, au col de Marcieu.

 L’airboard est une sorte de flotteur des neiges d’un mètre vingt de long pour 70 cm de large et 23 cm de haut. Comme le skeleton, on l’utilise à plat ventre et la tête en avant, mais sur la neige et non sur des pistes glacées de bobsleigh. Atout majeur de l’airboard : son volume. Replié, il ne pèse que 2,2 kg et n’est guère plus encombrant qu’un ordinateur portable. Facile dès lors à glisser dans un sac à dos pour une randonnée raquettes – airboard, intéressante alternative à la traditionnelle formule raquettes-snowboard.Voilà pour la théorie. En pratique, à l’instar de ce qu’on peut ressentir en karting, la proximité par rapport au sol accentue l’impression de vitesse, bien que celle-ci ne soit pas faramineuse dans l’absolu[1]. Contrairement à la luge traditionnelle, vite incontrôlable,  l’airboard, lui, se pilote véritablement, grâce aux carres –en plastique – situées sous le coussin gonflable. Pour tourner, il suffit de pencher le corps dans la direction souhaitée et de tirer sur l’une ou l’autre des poignées situées sur les côtés de l’engin.  L’Extrême de Verbier en airboard ! En quelque sorte, le pilotage d’un airboard s’apparente à celui – sur les vagues – d’un body-board. "Cette activité s’adresse à tout type de public, dès 7 ans", assure Sébastien Lombard, directeur d’Alpha Montagne, société grenobloise qui organise des séjours sportifs et culturels en montagne, et pour l’occasion cette initiation au col de Marcieu (encadré).De plus, l’airboard s’adapte à tous types de neige, comme l’explique Sébastien Lombard : "Suivant les conditions, on va jouer sur le gonflage. Il doit être maximum en poudreuse et minimum sur neige dure." Dans tous les cas, l’opération ne prend que cinq minutes et ne requiert qu’une simple pompe.Pour l’anecdote, sachez que son concepteur suisse Laurent Matthey a participé à l’Extrême de Verbier, compétition normalement réservée aux skieurs et snowboardeurs freeride, sur une pente à plus de 35 °, parsemée de barres rocheuses !  Martin Léger   

Infos pratiques

 Comme la luge traditionnelle, l’airboard est interdit sur les pistes de ski alpin.Alpha Montagne (7, rue Paul Bourget à Grenoble) organise des randonnées raquettes-airboard à la demi-journée (de 45 à 52 € par personne – airboard, casque, raquettes et bâtons fournis). Tél/ fax : 04 76 43 72 72. Web : www.montagnevision.com.Une démo de big air en airboard, suivie d’une initiation gratuite, a lieu aux 2 Alpes le 23 février.   


[1] En compétition, les meilleurs spécialistes ne dépassent pas les 60 km/h. A titre comparatif, lors d’une descente de ski alpin, les vitesses enregistrées peuvent atteindre les 150 km/h. Mais lors d’un run de kilomètre lancé, Laurent Matthey, l’inventeur suisse de l’airboard, a atteint 124,5 km/h sur cet engin.