Notre envoyé spécial en Suède, Martin Léger, s’interroge après la décision de la Fis de limiter le nombre de coureurs aux Mondiaux, pénalisant de facto, les petites nations… Verra-t-on des coureurs africains lors des championnats du monde de ski alpin 2009 à Val d’Isère ? Rien n’est moins sûr. Afin de satisfaire les désirs des télévisions – sa principale source de revenus – la Fédération internationale de ski a en effet décidé de limiter le nombre de coureurs qui participeront au géant et au slalom des mondiaux d’Are à 75, contre environ 120 lors des éditions précédentes. Plus précisément, une centaine de coureurs classés au-delà de la 50è place mondiale devront passer par des courses de qualification dans ces deux disciplines. Seuls les 25 meilleurs d’entre eux auront le droit de participer aux « vraies » courses, aux côtés des 50 meilleurs mondiaux (Beni Raich, Bode Miller et consorts).
Kwame Nkrumah-Acheampong, skieur ghanéen
« Nous préférons procéder à une épreuve de qualification à laquelle l’ensemble les pays peuvent participer – même si tous ne seront pas représentés lors de la course à proprement parler – plutôt que de revoir à la hausse les critères de participation aux championnats du monde, ce qui éliminerait d’emblée de nombreuses nations », se justifie Gian Franco Kasper, le président suisse de la FIS. L’argument est recevable en théorie. Mais en pratique, il est évident que les chances du Ghanéen Kwame Nkrumah-Acheampong ou du Libanais Georges Salameh de disputer le « vrai » géant de ces championnats du monde sont pratiquement inexistantes. « Si je voulais exclure les petites nations du paysage mondial du ski, je ne m’y prendrais pas autrement », résume Lamine Guèye, président de la fédération sénégalaise de ski. Espérons que la FIS trouve d’ici 2009 une solution plus satisfaisante pour tout le monde, afin que les championnats du monde de ski alpin ne deviennent pas des championnats d’Europe et d’Amérique du Nord.
Lamine Guèye, président de la fédération sénégalaise de ski