Méribel a accueilli, jeudi 18 décembre, la première étape de la coupe du monde de ski de bosses. Retour sur cette épreuve disputée en parallèle et remportée par le Canadien Pierre-Alexandre Rousseau et l’Américaine Hannah Kearney.

Anthony Benna, 3ème de l'épreuve
Anthony Benna, 3ème de l’épreuve

« La troisième place d’Anthony Benna ? Elle n’était pas franchement programmée, étant donné qu’il visait simplement une qualification pour les 1/8èmes de finale. Pour le coup, il était loin du compte », rigole Fabien Bertrand, entraîneur de l’équipe de France de ski de bosses. Le premier podium en carrière du skieur de Megève – dont le principal fait d’armes restait une quatrième place lors de l’étape de coupe du monde de Voss (Norvège), en mars 2007 – permet finalement aux tricolores de repartir de Méribel avec le sentiment du devoir accompli : « On souhaiter placer trois skieurs dans les seize premiers, dont un sur le podium. C’est chose faite (avec Benna 3ème, Ochs 8ème et Colas 9ème).  C’est vrai qu’on voyait plutôt Guilbaut (Colas) pour jouer la gagne. C’est dommage qu’il se soit fait sortir sur un détail –une mauvaise réception sur son deuxième saut lors de son 1/8ème de finale. En tout cas, la troisième place d’Anthony est de bonne augure, car ça veut dire qu’on a désormais trois têtes d’affiches vraiment fortes », poursuit Fabien Bertrand.

Michaël Morse (EU)
Michaël Morse (EU)

Arrivé en Savoie sur la pointe des pieds – « j’avais un peu le trac en début de journée, ce n’est jamais évident de courir une coupe du monde en France, car on a parfois trop l’envie de bien faire » – le skieur de Megève est parvenu à se libérer au fur et à mesure de la journée. Au moment de s’élancer pour disputer sa petite finale face au Russe Alexandr Smyshlyaev (le tombeur de Guilbaut Colas en 1/8ème de finale), Anthony a le couteau entre les dents. « J’avais vraiment la niaque. Je me suis dit ‘ne lâche rien, c’est pour toi’, c’est ce que j’ai réussi à faire. Je suis vraiment heureux. »

3,4 virages à la seconde !

En bosses parallèles encore plus qu’en bosse simple, cette niaque est primordiale pour espérer s’imposer. « Même si au final, le chronomètre ne compte que pour 25 % de la note (50 % pour la technique et 25 % pour les sauts), stratégiquement, il faut chercher la vitesse. Parce que si vous êtes devant votre adversaire, celui-ci risque d’être déstabilisé psychologiquement, et il peut commettre des fautes en essayant de vous rattraper. A 90 %, c’est celui qui est devant qui gagne », affirme Fabien Bertrand. Une opinion corroborée par Anthony Benna : « Autant en bosses simple, on recherche la propreté et une exécution technique parfaite, autant en parallèle, la vitesse compte davantage. Tant qu’on arrive en bas avant l’autre, on peut se permettre de commettre davantage de petites erreurs ».

Osamu Ueno (Japon)
Osamu Ueno (Japon)

En quelques chiffres, cette vitesse, c’est près de dix mètres par seconde (soit 36 km/h), à raison de 3,4 virages à la seconde en moyenne ! Le tout dans une pente de 188 mètres de long inclinée à 27,5 degrés ! Autant dire qu’il faut une solide technique pour arriver en bas en un seul morceau. Les 83 bosseurs fous présents hier au départ de l’épreuve (53 hommes et 30 femmes) en ont fait l’éclatante démonstration, pour le plus grand plaisir des spectateurs – dont de nombreux scolaires- amassés au pied du stade de slalom de Corbey.

Martin Léger

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