L’élite de la grimpe mondiale était réunie cette semaine à Chamonix, à l’occasion du Festival International d’Escalade. Lors des épreuves de vitesse comme lors de celles de difficulté, le spectacle était une nouvelle fois au rendez-vous. Reportage. 

« Ces athlètes ont vraiment quelque chose d’extra-terrestre. Je me demande s’ils n’auraient pas tourné dans le film La Planète des Singes. » Le speaker officiel de l’étape de coupe du monde d’escalade de Chamonix en rajoute peut-être un peu – c’est son rôle en même temps – mais résume finalement assez bien le sentiment du public venu assister aux qualifications des épreuves de difficulté et aux finales de celles de vitesse en ce jeudi 12 juillet*. Les meilleurs grimpeurs mondiaux dégagent une telle impression de facilité, font preuve d’une telle fluidité dans l’enchaînement de leurs mouvements, qu’on pourrait presque se demander s’ils n’évoluent pas sur un mur posé sur le sol à l’horizontale. Jugez donc : le Russe Sergey Sinitsyn , vainqueur de la vitesse, a gravi la paroi de 15 mètres de haut (dont 8 m de surplomb) en seulement dix secondes et cinquante-sept centièmes !

La mémoire, clé de la victoire

Mais non, le mur artificiel sur lequel se déroulent les épreuves est loin d’être facile, notamment en raison de son dévers de 10 mètres. De l’aveu de certains concurrents, cette étape de Chamonix est même l’une des plus redoutables de la coupe du monde, aussi bien en vitesse qu’en difficulté. Pendant les deux semaines précédant les compétitions, des ouvreurs ont travaillé sans relâche pour concocter des parcours à la fois techniques et spectaculaires. « Ils en ont imaginé une soixantaine au total. Il faut savoir que les voies évoluent au fur et à mesure de la compétition. A chaque tour de l’épreuve, les grimpeurs découvrent un nouveau parcours, de plus en plus dur au fur et à mesure qu’on s’approche des finales », explique Frédéric Comte, directeur du club des sports de Chamonix et organisateur de la manifestation. Pour corser le tout, les concurrents grimpent à vue. « On dispose de six minutes d’observation au pied du mur, mais on n’a pas le droit de s’entraîner dessus avant la compétition. Des lors, il faut de grandes qualités de mémorisation de la voie pour espérer bien figurer », précise Vanessa Taylor, membre de l’équipe de France réserve, éliminée en demi-finales de l’épreuve de difficulté.

En marge des compétitions, le Festival international d’escalade de Chamonix accueillait aussi « Sport Expo », un village avec une trentaine d’exposants pour découvrir le matériel dernier cri du monde de l’escalade. Mais parce que cette manifestation s’adresse à tous et a aussi vocation à faire découvrir et aimer l’escalade au plus grand nombre, des animations étaient aussi prévues pour les enfants. Ceux-ci pouvaient s’initier aux joies de la grimpe sur des murs adaptés à leur niveau. Avant peut-être, dans quelques années, de revenir sur le mur principal pour se mesurer à l’élite de la discipline…

Martin Léger

* L’épreuve de difficulté consiste à aller le plus haut possible sur une voie extrêmement technique. Le chronomètre n’intervient pas, seule la hauteur atteinte compte, En vitesse, les grimpeurs doivent atteindre le sommet le plus rapidement possible, sur un parcours nettement moins ardu que celui proposé pour l’épreuve de difficulté.

Résultats
Vitesse messieurs : 1. Sergey Sinitsyn (Russie) ; 2. Evgeny Vaytsekhovsky (Russie) ; 3. Alexander Kosterin (Russie)
Vitesse dames : 1. Svetlana Tuzhylina (Ukraine) ; 2. Tatiana Ruyga (Russie) ; 3. Galina Terentyeva (Russie)
Difficulté messieurs : 1. Flavio Crespi (Italie) ; 2. Ramon Puigblanque (Espagne) ; 3. Jorg Verhoeven (Pays-Bas)
Difficulté dames : 1. Maja Vidmar (Slovénie) ; 2. Muriel Sarkany (Belgique) ; 3. Yana Chereshneva (Russie)