Près de 150 concurrents ont participé samedi 6 et dimanche 7 août à l’Enduro du Beaufortain, confirmant l’engouement des vététistes pour cette discipline à mi-chemin entre le cross-country et la descente.

Casques avec mentonnières, protections pour le dos, les poignets et les genoux, VTT tout suspendus… A première vue, l’attirail des participants à l’Enduro du Beaufortain laisse penser que cette compétition s’adresse à des adeptes de la descente pure et dure. La vitesse à laquelle ces mêmes participants s’engagent dans la première spéciale – qui démarrait du Signal de Bisanne, sur le domaine des Saisies – confirme cette impression. Pourtant, comme son nom l’indique, cette manifestation est bien une épreuve d’enduro, la discipline qui monte dans le VTT.
« L’enduro, c’est une épreuve polyvalente qui rallie les adeptes du cross-country et ceux de la descente. Elle demande d’avoir un bon bagage technique pour les descentes, mais aussi des capacités physiques pour pédaler dans les parties de relance », résume Nicolas Deschamps, le responsable de Beaufortain Tourisme, la structure organisatrice de cette compétition en collaboration avec l’association locale de VTT « Les Grosses Pédales ».
L’examen du roadbook de l’événement confirme les dires de Nicolas Deschamps. Certes, les parcours sont principalement descendants, mais on ne peut pas se contenter de se laisser aller. Par exemple, la troisième spéciale – l’enduro s’apparente à un rallye automobile, avec spéciales chronométrées et parcours de liaison – entre le Signal de Bisanne et Queige, proposait un parcours de 9,3 km, avec 1516 mètres de dénivelé négatif et 177 m de dénivelé positif. Et la liaison entre les spéciales n°4 et n°5 affichait même 620 m de dénivelé positif (pour 203 mètres de descente) en l’espace de 7,2 km ! 

A l’arrivée des différentes spéciales, la plupart des participants soulignaient d’ailleurs la dimension physique de l’enduro. « Honnêtement, on doit pédaler seulement 10 % du temps. Mais on est tellement crispés, tellement en tension pendant toute la spéciale, que dès qu’on met un coup de pédale, on a plein d’acide lactique qui remonte dans les jambes. Ça fait tout de suite mal, même s’il n’y a pas grand-chose à monter », explique Vincent Bellanger, un participant venu de Tours. Pour Xavier Combasson, originaire de la région parisienne, « la principale difficulté tient à la longueur du parcours et au fait qu’on ne connaisse pas à l’avance le tracé des spéciales. Comme on ne sait pas ce qui nous attend, il faut vraiment savoir doser son effort pour tenir le coup physiquement.»

Sentiers partagés

Un examen attentif des vélos utilisés sur l’épreuve permettait de se rendre compte qu’il s’agit de modèles spécialement conçus pour cette pratique en vogue. « Ces vélos dits d’Enduro All Mountain sont des engins tout suspendus, avec une fourche à l’avant et des amortisseurs à l’arrière. Mais alors que le débattement est généralement de 200 à 220 millimètres sur un vélo de descente, et de 110 à 130 mm sur un vélo de cross-country – qui a juste une suspension à l’avant – il est ici compris entre 140 et 180 mm. Bref, on peut s’engager sur des descentes techniques, mais ces vélos restent assez légers pour ne pas être handicapé(e) dans les parties de pédalage, avec un poids qui oscille entre 13 et 16 kilos », détaille Nicolas Deschamps.

A noter aussi que cet Enduro du Beaufortain se déroulait principalement sur des « singles tracks », c’est-à-dire des sentiers étroits et techniques prévus à l’origine pour la randonnée pédestre, mais aujourd’hui partagés entre les différents usagers (piétons, vététistes et cavaliers).
Au-delà de ces considérations techniques et physiques, tous les vététistes présents sur l’événement n’avaient qu’une seule idée en tête : prendre un maximum de plaisir à rouler dans un paysage de carte postale. Et en dépit d’une météo mitigée, l’objectif a largement été atteint, à en croire les sourires qui barraient les visages des participants à l’arrivée des différentes spéciales.

Martin Léger

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