La 6e édition du trail du massif de Belledonne L’Échappée Belle vient de se terminer avec la victoire, dans l’épreuve reine -144 km entre Vizille (Isère) et Aiguebelle (Savoie)-, du Lyonnais Christophe Anselmo. Rencontre avec Florent Hubert, fondateur de ce trail très alpin, et président de l’association éponyme.

Actumontagne : Chaque année, L’Échappée Belle tombe en même temps que l’UTMB® à Chamonix-Mont-Blanc et ses stars internationales. Est-ce un handicap pour votre trail ?
Florent Hubert : Non ! Ce n’est pas un problème pour les coureurs puisque nous faisons le plein des inscriptions en 15 jours pour les trois parcours. C’est plus compliqué avec la presse, notamment spécialisée, qui est effectivement plutôt à Chamonix. Nous devons également trouver des partenaires désireux d’accompagner des trails visant moins la quantité des coureurs, et plus « élitistes ». Les parcours de l’Échappée Belle sont très engagés, très alpins et c’est quasi-unique en France. Nos traileurs marchent beaucoup plus qu’ils ne courent en fait. Sur l’intégrale de la traversée de Belledonne, ils mettent en moyenne 30 à 40% de temps en plus pour 30 à 40 kilomètres de moins, que sur l’UTMB®.

Florent Hubert, directeur de la couse Échappée Belle

Actumontagne : Vous avez trois formats depuis 4 ans, 144 km, 85 km et donc un 57 km dont c’est la 4e édition. Une volonté justement de rendre L’Échappée Belle plus accessible ?
Florent Hubert : Il y a plusieurs raisons qui ont motivé la création d’un troisième format. La première relève du domaine de la sécurité des coureurs. Les coureurs du 57 kilomètres Ekosport (4100 m d+), plus frais, se mélangent aux coureurs du parcours intégral qui approchent de la fin. Du coup, les premiers sont vigilants pour ces derniers et leur redonnent même du peps. Une autre raison est d’ordre économique. Globalement, avec deux courses, nous n’arrivions pas à équilibrer notre budget, en dépit du soutien de nombreux partenaires, notamment les sponsors institutionnels. Nous y arrivons désormais. Enfin, nous souhaitions aussi mettre en avant le territoire de l’une des villes les plus importantes du massif de Belledonne, Allevard. Et comme à Vizille, nous tenions à ce que les coureurs partent du bas de la vallée, à Allevard, avant de monter en altitude (Ndlr : 4 crêtes principales à 2000 mètres) et de redescendre à Aiguebelle.

 

Départ du 57 km, le parcours des Crêtes, dans les rues d’Allevard

Actumontagne : Cette année, le parcours intégral a été légèrement raccourci en raison de la météo. Qui détient le record du parcours intégral, Sylvain Court l’année dernière ?
Florent Hubert : Non, même s’il est le coureur le mieux classé au niveau mondial que L’Échappée Belle ait reçu ! Le détenteur du record du 144 km reste Sébastien Gérard, qui en 2016 a mis 27h26minutes pour faire la traversée intégrale de Belledonne. Chez les femmes, c’est Émilie Lecomte en 30h09m, qui a établi le record en 2015.

Actumontagne : Envisagez-vous un nouveau format pour les années à venir ?
Florent Hubert : Peut-être pour les 10 ans de l’Échappée Belle, ce qui nous laisse le temps de bien le préparer. Nous réfléchissons à un format plus élitiste car le massif de Belledonne s’y prête. Nous pensons notamment à un parcours typé alpine-running à mi-chemin entre course extrême et alpinisme (skyrunning). L’une des références du genre est le Kima Trofeo (dans les Alpes lombardes).

Propos recueillis par Sophie Chanaron

 

 

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