La station de Sainte-Foy-Tarentaise se dote cet été d’un équipement original appelé via cordata, le premier de Tarentaise. L’objectif : gravir une falaise sans être alpiniste, d’une façon plus naturelle qu’en via ferrata. Présentation par l’un de ses concepteurs.

Dans la panoplie d’équipement des falaises, la via cordata vient s’intercaler entre la via ferrata, aux multiples échelons et barreaux, et la voie d’escalade, où l’on progresse sans aide métallique. Dans une via cordata (aussi appelée via corda), il n’y a pas de câble qui balise l’itinéraire, mais beaucoup de points d’assurage. C’est une voie d’escalade sur laquelle on évolue encordé (d’où le nom). Le cheminement naturel dans le rocher est très facile, et les échelons n’apparaissent que quand la difficulté de l’escalade dépasse le III sup. “Ces dix à quinze dernières années, de plus en plus de via ferrata ont fait leur apparition. Avec le reproche souvent entendu de trop équiper les falaises. La clientèle est saturée des via ferrata. Le câble, c’est presque trop facile. On voulait se rapprocher de quelque chose de naturel, avec un impact visuel et environnemental moins important”, explique Jean-Paul Gaidet, président de la compagnie des guides de la Vanoise.

L’esprit de la grimpe
La via cordata du Rocher du Pré, à Sainte-Foy-Tarentaise, devrait voir le jour au début de l’été, sur les falaises situées face au village du Crot (au-dessus de l’école d’escalade). “Ce sont des dalles inclinées, pas verticales, qui facilitent la progression”, précise Jean-Paul Gaidet. On monte d’abord sur un éperon, puis dans des dalles. On arrive ensuite à une partie plus raide, en III sup ou IV, que des petites pédales en laiton  aident à franchir. Ensuite, on découvre un enchaînement de cannelures en traversée vers la droite jusqu’au sommet. L’itinéraire se déroule sur 600 mètres de longueur et 200 mètres de dénivelée.
Un parking devrait être aménagé pour permettre l’accès par le haut à la via cordata, en une demi-heure.  L’escalade de la via cordata elle-même nécessite deux à trois heures, puis encore une vingtaine de minutes pour rejoindre le parking. C’est donc une sortie à la demi-journée, à regrouper éventuellement avec une autre activité : “On peut faire la via cordata le matin, et de l’escalade l’après-midi, ou bien une montée en refuge, avec nos clients. Cet itinéraire respecte l’esprit de la grimpe, puisqu’on se sert beaucoup du rocher : nous espérons ainsi susciter des vocations pour l’escalade”, précise Jean-Paul Gaidet.
Voilà donc un concept original, qui permet une approche en douceur de la verticalité. Vous devez bien entendu être encadré par un professionnel si vous ne maîtrisez pas les techniques de progression et d’assurage de l’alpinisme. Avant, peut-être, de franchir le pas vers d’autres aventures rocheuses…
Jeanne Palay

Jean-Noël Gaidet, président du bureau des guides de Sainte-Foy : 06 14 62 90 24.