Le raid Aussois Vanoise TSL, dont la 8e édition s’est déroulée le 3 avril dernier au départ de la station de Maurienne, ambitionne d’être à la raquette à neige ce que la Pierra Menta est au ski de montagne : une épreuve emblématique où le mental joue autant que le physique. L’occasion pour actumontagne.com de zoomer sur une facette moins connue de la raquette à neige.

Si la raquette à neige est en passe de devenir une activité de masse dans sa version loisirs, elle demeure encore marginale dans sa version sport de compétition. La FFME  (Fédération française de montagne et d’escalade), à laquelle est actuellement rattachée la raquette à neige*, ne distingue pas les pratiques sportives de ses 50 000 licenciés. Même s’ils sont surtout grimpeurs, ils peuvent tout aussi bien faire canyoning, du ski de montagne que du raid sportif en montagne. Il est donc difficile d’évaluer de façon précise combien la compétition de raquettes concerne de personnes. "C’est un sport de niche", confirme Emilie Sadoux, responsable de la promotion des ventes de TSL qui sponsorise pas moins de 90 événements par an dont une majorité de rassemblements sportifs et festifs autour de la raquette à neige. "On peut estimer à environ 130-150 le nombre de compétiteurs réguliers dans les Alpes dont une vingtaine est membre du Team TSL". Parmi ces compétiteurs, bon nombre sont des coureurs de raids en montagne qui voient dans les courses de raquettes, le moyen d’entretenir l’hiver, leur condition physique. A l’image de Corinne Favre, l’une des meilleures du circuit des trails et qui a déjà gagné cinq fois le raid Aussois Vanoise TSL dans la catégorie féminine.

Ce raid organisé par le village mauriennais fait figure de course atypique dans le circuit des compétitions officielles hexagonales. "C’est la seule compétition de raquette se déroulant en haute montagne", indique Patrick Col, guide de haute montagne et créateur du raid d’Aussois. "Les autres courses ont effectivement pour terrain d’action des itinéraires tracés en fond de vallée. A Aussois, il s’agit d’un raid mêlant raquette et alpinisme, coté très difficile au cours duquel les coureurs évoluent en neige vierge, progressent sur des crêtes, doivent parfois déchausser leurs raquettes pour s’équiper de crampons", précise Emilie Sadoux.

Moins de trois heures pour les meilleurs

 

Les compétiteurs en catégorie "élite" du raid Aussois Vanoise TSL parcourent entre 1600 et 2000 m de dénivelé positif (montée) et autour de 1400 de dénivelé négatif (descente). Un sacré morceau que les meilleurs "avalent" en à peine trois heures ! "Leurs performances sont très proches des trails et courses de montagne l’été, soit 1200 m de dénivelé à l’heure", constate Patrick Col, l’un des artisans du renouveau de la raquette en France. "Dimanche dernier, Philippe Borel a gagné l’épreuve élite en 2h49 minutes, un temps incroyable", s’enthousiasme l’organisateur. Dans le milieu, on compare un peu le raid de la station mauriennaise avec la prestigieuse Pierra Menta, course reine du ski alpinisme. "Pour s’en rapprocher vraiment, il faudrait étendre la durée du raid à plusieurs jours, ce qui n’est pas exclu dans l’avenir", confie Patrick Col qui a aussi à coeur de développer le versant grand public de la manifestation. "L’an dernier, nous avons initié un parcours dit "cool et famille", le grand public étant de plus en plus friand de balades conviviales", commentent les organisateurs qui ont accueilli quelque 90 participants toutes catégories confondues pour un événement qui se veut festif avant tout et une belle ode à la haute montagne.

Sophie Chanaron

*La FFME pourrait perdre cette délégation ministérielle au profit du CAF