Symbole du (re)confinement à la française, la règle limitant tous les déplacements « non essentiels » à un périmètre d’un kilomètre autour du domicile et à une durée maximale d’une heure, et qui, rappelons-le, ne repose sur aucun fondement scientifique, est de plus en plus remise en cause depuis quelques jours. Vendredi 13 novembre, 45 députés LR, à l’initiative du député de Moselle Fabien Di Filippo, adressaient une lettre à la Ministre des Sports, afin de demander sa suspension pour pouvoir s’adonner à une activité physique, et aussi la réouverture des équipements sportifs pour les associations. Mardi 17 novembre, c’était au tour d’Europe Ecologie Les Verts et de Génération Ecologie de demander au Conseil d’Etat  – via un référé liberté – de faire abroger par le gouvernement cette limite des 1km/1h et « d’adopter les mesures propres à assurer un égal accès des Français aux espaces naturels aménagés et non-aménagés en conformité avec le principe de nécessité et de proportionnalité. »

© André Genin – Vecteur Montagne

Les pratiquants des activités et sports de nature sont également montés au créneau mercredi 18 novembre, dans une tribune intitulée « Pour la santé de tous : limitons les contacts plutôt que les sorties ! »,  co-signée par 16 signataires dont les Fédérations françaises de cyclisme, de randonnée, de cyclotourisme, des usagers de la bicyclette, de course d’orientation, d’athlétisme, de triathlon, la Mountain Bikers Foundation, le Syndicat National des Moniteurs Cyclistes Français, ou encore Gérard Kierzek (urgentiste) et Alexandre Feltz (médecin généraliste, adjoint à la mairie de Strasbourg). Sans contester la gravité de la crise sanitaire actuelle et la nécessité de mesures drastiques pour contrer la propagation du virus, « nos organisations sont néanmoins vigilantes à une prise en compte globale de la santé, ce qui comprend nécessairement l’accès à la pratique régulière d’une activité physique, indispensable pour la santé physique et mentale, et qui renforce le système immunitaire. Ainsi, nous tenons à rappeler que l’OMS recommande de continuer l’activité physique durant la pandémie ».

Ski de randonnée en Haute-Tarentaise ©P.Arpin/SNGM

Cette tribune met en avant « une prise de poids moyenne des Français de 2,5 kilos pendant le premier confinement, et une dégradation de la santé psychologique en lien direct avec l’enfermement », tout en rappelant « qu’il est désormais établi que la pratique individuelle en extérieur expose peu au virus.(…) Nous comprenons la nécessité de limiter autant que possible les sorties, mais uniquement dans le but d’éviter les regroupements. Ainsi, la restriction de distance nous semble totalement contre-productive. »  Et de lister ses nombreux effets pervers : une pratique rendue peu attractive, voire désagréable, là où il faut au contraire l’encourager, en particulier pour les personnes atteintes de maladies chroniques ; des regroupements dans les rares espaces verts, en particulier en milieu urbain ; impossibilité d’accès à la nature , laquelle participe pourtant à l’équilibre psychique des individus ; verbalisations abusives des forces de l’ordre (notamment pour les usagers du vélo se rendant à leur travail ou allant faire leurs courses en tenue sportive, soupçonnés de mentir sur le motif de leur déplacement pour s’affranchir de la limite d’un kilomètre), à cause d’une mauvaise compréhension du décret instaurant les restrictions liées au confinement.

« Pour toutes ces raisons, nous demandons la levée de la limite d’un kilomètre du domicile pour le motif d’activité physique, comme dans les autres pays européens. Nous ne doutons pas que nos concitoyens, soucieux d’éviter la propagation du virus, sauront appliquer intelligemment cette règle et éviter tout regroupement, principal facteur de propagation du virus », concluent les signataires.

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