Le parcours du Tour de France 2018 vient d’être dévoilé. Trois des vingt-et-une étapes de la Grande Boucle se dérouleront dans les Alpes : Annecy-le-Grand Bornand, Albertville – La Rosière et Bourg-Saint-Maurice – L’Alpe d’Huez, qui revient donc au programme après deux ans d’absence.

Contrairement aux deux éditions précédentes du Tour de France, il faudra attendre longtemps avant de voir la montagne. Six des neuf premières étapes sont en effet promises aux sprinters. Seules la 3ème étape (un contre-la-montre par équipes de 35 km autour de Cholet), la 6ème (Brest – Mûr de Bretagne) et la 9ème (Arras-Roubaix, avec 15 secteurs pavés totalisant 21,7 km) devraient avoir un impact sur le classement général des favoris.

Chris Froome sera-t-il en jaune au Grand Bornand, comme en 2013 ? © B.Delerue

Autant dire que l’arrivée dans les Alpes – abordées avant les Pyrénées, ce qui n’avait plus été le cas depuis 2014 – marquera le véritable début du Tour de France pour la course au maillot jaune. Mardi 17 juillet, au lendemain de la première journée de repos, les coureurs auront droit à une étape de 159 km et 4017 m de dénivelé positif entre Annecy et le Grand Bornand, avec dans l’ordre le col de la Croix Fry depuis Thônes (12,8 km à 6,6 %), le col des Glières depuis le Petit Bornand (7,9 km à 9 %, dont les 6 premiers kilomètres à 11,2 %, et un faux-plat montant final de 1,8 km sur un chemin non goudronné), le col de Romme (8,8 km à 8,9 %) et le col de la Colombière depuis le Reposoir (7,5 km à 8,5 %). C’est cette étape qui servira également de cadre à l’Etape du Tour, qui rassemblera quelque 15000 cyclistes amateurs le dimanche 8 juillet.

Le Portugais Rui Costa avait remporté la dernière étape s’achevant au Grand Bornand, en 2013 © B.Delerue

La 2ème étape alpestre, mercredi 18 juillet, entre Albertville et la Rosière, sera courte (109 km) mais intense, avec les ascensions de Bisanne (12,4 km à 8,2 %), du col du Pré (12,6 km à 7,7 % depuis Beaufort), du Cormet de Roselend depuis le lac éponyme (environ 5,7 km à 6,5 %) et de la Rosière, via Montvalezan (17,6 km à 5,8 %). L’étape-reine des Alpes, et peut-être même du Tour de France 2018, aura lieu jeudi 19 juillet entre Bourg-Saint-Maurice et l’Alpe d’Huez, via le col de la Madeleine (25,3 km à 6,2 %), les lacets de Montvernier (18 en l’espace de 3 km, à 8,3 % de moyenne), le col de la Croix de Fer (29 km à 5,2 %) et l’arrivée finale via les 21 lacets de la célèbre montée de l’Alpe d’Huez (13,9 km à 8 %). Longue de 175 km, elle totalisera 5000 m de dénivelé positif (soit le plus gros total du Tour 2018 en la matière). « Ce sera l’une des étapes les plus remarquables de ce Tour de France, estime Bernard Thévenet, vainqueur du Tour de France en 1975 et 1977. Après, est-ce que c’est l’étape-reine, je ne sais pas. On pourrait avoir quelques attaques à partir de la Croix-de-Fer, mais je pense plutôt que les favoris attendront la montée de l’Alpe d’Huez pour s’expliquer. Et beaucoup d’équipes n’ont pas forcément intérêt à attaquer de trop loin, sinon ça pourrait être compliqué pour certains équipiers de finir l’étape dans les délais. On ne gagnera probablement pas le Tour sur cette étape, mais on peut le perdre. Au bout du troisième jour successif en montagne, un favori peut avoir une défaillance, et les autres auraient intérêt à attaquer pour l’éliminer. Placée à la fin des Alpes, cette étape constitue le bon moment, pour les vrais grimpeurs, pour reprendre du temps aux rouleurs-grimpeurs ».

L’ascension finale sur la Rosière se fera via Montvalezan, sur la « route des villages » © OT La Rosière

Trois autres étapes de montagne sont prévues dans les Pyrénées : un « sprint » de 65 km entre Bagnères-de-Luchon et Saint-Lary-Soulan, avec 38 km de montée et les ascensions du col de Peyresourde, de Val Louron-Azet et l’inédit col du Portet (2215 m d’altitude, 16 km à 8,7 %, qui sera la montée finale de cette étape), entre deux étapes plus « traditionnelles », avec une arrivée en plaine. La première (218 km entre Carcassonne et Bagnères-de-Luchon) verra les coureurs escalader le Portet d’Aspet, le col de Menté et le col du Portillon (sommet à 11 km de l’arrivée). La deuxième (200 km entre Lourdes et Laruns, à deux jours de l’arrivée) comportera les ascensions des cols d’Aspin, du Tourmalet, des Bordères, du Soulor et de l’Aubisque, dont le sommet se trouvera à 17 km de l’arrivée. Un contre-la-montre individuel de 31 km au Pays Basque (avec 4 côtes à gravir, dont une avec des passages à 21 %) est programmé la veille de l’arrivée à Paris.

Martin Léger

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