Le Tour de France ne se résume pas aux seuls exploits des Michael Rasmussen, Alejandro Valverde et autres Christophe Moreau. C’est aussi une grande fête populaire, qui attire chaque été des milliers de fans. Nous sommes allés à leur rencontre, au bord de la route du col de l’Iseran, au-dessus de Val d’Isère. Ambiance. (Photos et vidéo).

Rolande Pelletier et Yvon Launier habitent à Droué, dans le Loir-et-Cher. Arrivés trop tard dans la montée du col de la Colombière (au-dessus du Grand Bornand, où était jugée l’arrivée de la première étape de montagne du Tour 2007), ils n’ont pas trouvé de place et ont dû se résigner à écouter la course à la radio. Installés dans la descente du col de Tamié, ils ont vu passer les coureurs très furtivement lors de la deuxième étape alpine. Même s’ils ont réussi à trouver un bon emplacement pour encourager les cyclistes lors de l’étape Val d’Isère-Briançon (à quelques kilomètres du sommet du col de l’Iseran), ils n’auront pas vu grand-chose de la course, « d’autant plus qu’à la radio, on ne sait pas tout ce qui se passe », souligne Rolande. Qu’importe, ces deux retraités gardent le sourire, simplement contents d’avoir pu assister à la grande fête de la Grande Boucle.

On rencontre sur les bords des routes du Tour de France des milliers de passionnés tels que Rolande et Yvon, ou Jean-Paul, un Breton qui a garé son camping-car dans l’un des premiers lacets de la route de l’Iseran. « Le Tour, ça me rappelle l’époque où je faisais du vélo en compétition chez les jeunes. Quand j’avais 16 ou 17 ans, j’ai couru pendant une année avec Bernard Hinault au club olympique briochin. On sentait déjà qu’il avait un potentiel énorme, il avait aussi un sacré caractère ». Pauline, la fille de Jean-Paul, n’était pas née lorsque le « Blaireau » enflammait les routes de France. Ce qui ne l’empêche pas de suivre la Grande Boucle avec le même engouement que son père. Pour elle, le Tour constitue aussi une occasion idéale de réviser sa géographie. « Elle a tracé le parcours des étapes qu’on suit au crayon papier sur la carte », explique fièrement Pascale, la maman.

Un rêve qui se concrétise

Au bord de la route de l’Iseran, on a aussi rencontré Daisy, Marylène, Josette, Alain,etc… Qu’ils viennent de Oye-Plage, du Fresne Poret ou de Lyon, qu’ils soient en tente ou en camping-car, tous nous ont confié leur bonheur d’être là, de profiter du cadre magnifique et de l’ambiance exceptionnelle, et même « de réaliser un rêve que je caressais depuis de nombreuses années » pour Régis Rifflart. Seul petit bémol : la difficulté de trouver un bon emplacement. « Il y a dix ou quinze ans, c’était plus simple. On pouvait se contenter d’arriver sur place la veille. Aujourd’hui, il faut venir au moins deux ou trois jours à l’avance, c’est un peu dommage », regrette Fernand. Malgré toutes les affaires de dopage qui ont secoué le cyclisme ces dernières années, le Tour de France reste toujours aussi populaire, et c’est tant mieux.

Martin Léger