Programmée entre l’Ut4M autour de Grenoble et l’UTMB® en vallée de Chamonix, l’Echappée Belle, le trail à travers le massif de Belledonne, voit sa notoriété grimper chaque année dans le milieu des traileurs. Sylvain Court, champion du monde de trail 2015, l’avait choisi cette année pour disputer son premier ultra-trail. Bien lui en a pris ! Il s’impose sur l’épreuve reine de l’édition 2017 (144 km). Une victoire importante pour la carrière du coureur orignaire du Var, tenté désormais par l’UTMB® et la Diagonale des Fous. Importante également pour la médiatisation de ce trail réputé ultra-technique qui emprunte en partie le tout nouveau GR® 738, enjeu de développement touristique pour ce territoire aux portes de Grenoble et de Chambéry.

1700 coureurs ont pris le départ de l’Echappée Belle 2017 tous formats confondus. Une participation confidentielle au regard des 2300 partants de l’Ut4M la semaine d’avant et des quelque 8000 de l’UTMB, dont le coup d’envoi de la première course a été donné ce matin. Mais dès sa création en 2013, cette traversée de part en part du massif de Belledonne s’est inscrite dans un registre intimiste.
Dans le monde des traileurs, l’épreuve reine de l’Echappée Belle, 144 km entre Vizille en Isère et Aiguebelle en Savoie, est même considérée comme l’une des courses des plus difficiles en France, avec notamment 40 km à plus de 2000 mètres d’altitude, une quinzaine de cols et des passages dans des pierriers ultra-raides et ultra-arides.

Le podium de l'Echappée Belle intégrale 2017 ©ThomasVigliano

Sylvain Court, futur star du long ?

Finir ce trail de haute volée représente donc un exploit et le gagner une sacrée performance sportive ! « Moi qui suis un spécialiste des distances comprises entre 40 et 80 kilomètres, je voulais pour mon premier véritable ultra-trail,  une épreuve qui marque, l’Echappée Belle était de celle-la », explique le champion du monde de trail 2015, double champion de France de la discipline, Sylvain Court, vainqueur en 27h54 de cette 5e traversée intégrale de Belledonne. « Le côté sauvage et extrême du parcours a été déterminant dans mon choix de m’attaquer avec beaucoup d’humilité à ce format. Je me suis appuyé sur des coureurs plus expérimentés pendant une dizaine d’heures, avant de partir en tête au début de la nuit et de finir sans me mettre dans le rouge, en gérant mon avance ».
En remportant cet ultra-trail exigeant, l’aide moniteur de l’école des Pupilles de l’air de Grenoble, désormais licencié au club Méribel Sport Montagne, sait qu’il est capable de jouer les premiers rôles dans les courses longues distances. Dans son viseur en 2018, l’UTMB® ou la Diagonale des Fous à la Réunion, les deux courses étalon de l’utra-trail.
Mais d’ici là, il aura disputé les championnats de France en septembre, la Grande Course des Templiers en novembre, sélective pour les prochains championnats du monde 2018, puis une autre course au Japon, toujours en novembre. Cet ancien vététiste, qui s’est mis au trail en 2009, a très vite montré des aptitudes pour la discipline qu’il juge assez proche du VTT en terme de technicité, mais bien plus simple à pratiquer. Installé à Montmélian, il s’entraîne souvent sur les sentiers de Belledonne. Il était donc en terrain connu ces 25 et 26 août pour l’Echappée Belle 2017.

Un trail éprouvant

Alexandra Rousset, marraine de l'événement cette année et première féminine de l'intégrale, à son passage au ravitaillement de Val Pelouse ©Actumontagne

Le Parisien Fabrice Arene, deuxième de l’épreuve en 28h15, plus habitué des ultra-trails -il a gagné la première édition de l’Ut4M 160 en 2013-, tconnaissait lui aussi le terrain pour avoir accompagné sa compagne Fanny Coyne (vainqueur de l’Ut4M 160 solo en 2015) lors d’une édition précédente. Il a tout de même reconnu le parcours en mode rando. « Mais en vitesse de course, c’est différent. Dans la première partie, il est impossible de courir tellement c’est raide ! », témoigne-t-il. « La deuxième partie de l’intégrale de Belledonne était beaucoup plus adaptée à mes qualités de coureurs et j’ai pu remonter le classement, épaulé par Fanny, mon pacer (accompagnateur pour sécuriser les coureurs du long parcours), depuis le Super Collet. Avec cette deuxième place à l’Echappée Belle, qui a valeur de victoire pour moi, je boucle la boucle des ultra-trails », conclu le jeune ingénieur, ravi de finir derrière Sylvain Court, dont il a rappelé combien la victoire aux championnats du monde 2015 l’avait fait frissonner.
Très satisfait aussi, David Barranger, parrain de cet 5e édition, plus internationale que jamais (plus de 30 nationalités), 3e en 28h29. Cet adepte des raids multisports, vainqueur de l’Ultra-trail du Grand Duc (80 km) en Chartreuse en 2016, n’imaginait pas arriver troisième de cette course éprouvante. « Je suis passé par des hauts et des bas, c’était donc inespéré. Pour moi c’était une course aventure près de la maison, dans ce magnifique massif de Belledonne. François, mon pacer, qui m’a accompagné pendant la nuit, a été formidable, il m’a permis de me relancer », raconte le coureur Chartroussin, futur papa, impressionné par l’aisance de Sylvain Court et le finish de Fabien Arene. La marraine de l’événement, Alexandra Rousset, vainqueur de l’Ut4M 160 en 2016 et de la Diagonale des Fous, monte sur la première marche du podium chez les femmes en 37h33.

Les supporters, soutien indispensable pour les traileurs ! ©Actumontagne

Un ancrage territorial fort
Un magnifique podium donc, pour l’Echappée Belle 2017, événement sportif co-construit avec les habitants et les acteurs du massif de Belledonne (éleveurs, sylviculture, élus, hébergeurs…) depuis 2013. Il assure une belle promotion à ce territoire sauvage, aux portes de Grenoble et de Chambéry. Haut lieu du pastoralisme et de la randonnée pédestre, il compte sur le tout nouveau GR 738, qu’emprunte en partie le grand parcours de l’Echappée Belle Belledonne pour développer sur place un tourisme nature.

Sophie Chanaron

Les résultats ici.
 

 

 

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