Aux portes de la ville de Grenoble, un équipement insolite : une via ferrata appelée Les Prises de la Bastille. Il s’agit, à l’aide de barreaux, de câbles et de prises rocheuses, de monter vers une forteresse qui domine la ville (la Bastille). La première partie est très accessible en toute saison, même à des débutants, tandis que la deuxième est nettement plus athlétique. Présentation câblée.

Grenoble, c’est une ville toute plate, mais entourée de montagnes qui jouxtent l’agglomération.  D’où l’idée de créer en 1999 cette via ferrata appelée Les Prises de la Bastille à la Porte de France, l’une des entrées de Grenoble, au pied de la Chartreuse. Contraste entre cet environnement urbain et le matériel de via ferrata, proche de celui de l’alpinisme : casque, baudrier, mousquetons… C’est ce qui fait l’originalité et le charme de cette via. On part de la ville, mais on l’oublie aussitôt pour se retrouver dans un univers de vide et de verticalité. Et pourtant, il suffit de tourner la  tête pour que la cité soit à nouveau présente, si proche et si lointaine à la fois.
Au pied de la via ferrata, trois séries de barreaux grimpent sur la paroi. Ceux de droite sont destinés à se familiariser avec la technique de progression. Pour commencer réellement l’itinéraire, choisissez les barreaux de gauche, qui s’élèvent sur une falaise presque verticale pendant une trentaine de mètres. Puis une petite traversée descendante vers la gauche mène à un pont de singe : il s’agit de progresser dans le vide en marchant  sur un câble, tout en tenant dans les mains un autre câble. Même si la sécurité est garantie par le câble ou fil de vie auquel on est relié en permanence, l’irrationnel peut vite prendre le dessus. Pas facile de marcher au-dessus du vide, même sans aucun risque d’y tomber !  Mais finalement, le plus difficile, c’est le premier pas, comme dans beaucoup d’entreprises humaines.

 

A l’assaut des remparts

 

Après le pont de singe, vous continuez la traversée ascendante vers la gauche jusqu’à une passerelle en bois. Là aussi, vous marchez au-dessus du vide, mais sur une planche relativement large qui rend l’exercice beaucoup moins impressionnant. Les barreaux mènent ensuite à une autre traversée sur un demi-rondin, le dernier passage aérien de la première partie. Ensuite, il ne reste plus qu’à monter sur une sente jusqu’à la sortie.  Vous arrivez dans un jardin public, d’où vous pouvez choisir de revenir à Grenoble en suivant le sentier qui descend vers la gauche.
Si vous voulez poursuivre, prenez un chemin qui monte en lacets pour environ dix minutes de marche (à chaque intersection, suivez l’indication VF).  La deuxième partie de la via ferrata est beaucoup  plus verticale. De barreaux en barreaux, vous arrivez à une planche qui permet une petite pause (sinon, il y a à tout moment la possibilité de se "vacher", s’accrocher dans le jargon montagnard, pour se reposer).  De la planche, une variante facile  part vers la gauche. L’itinéraire normal continue la traversée vers la droite, en parcourant un rocher parfois déversant, où les bras sont très fortement sollicités. Après cette bonne suée, vous arrivez sur des remparts. La verticalité fait place à un chemin de quelques minutes entre deux remparts. Puis arrive le bouquet final de la via ferrata : vous escaladez un rempart à l’aide de  barreaux et de prises naturelles, et vous débouchez dans l’une des fortifications de la Bastille, tel un valeureux chevalier venu quérir sa belle. Jubilatoire !
Quelques marches mènent ensuite au sommet de la Bastille, où vous retrouvez la civilisation avec un mélange de soulagement et de décalage. L’impression d’avoir vécu une petite parenthèse privilégiée hors du tourbillon de la ville demeure longtemps.

Jeanne Palay

Pratique
Durée  : 2 à 3 heures pour la totalité, 1 h pour la première partie.
Difficulté : AD+ pour la première partie, D+ pour la deuxième.
La via ferrata est praticable tout l’hiver, les jours ensoleillés.
Bureau des guides de Grenoble : 04 38 37 01 71.