Autrefois pratiqué par des montagnards purs et durs, le ski de randonnée s’est largement démocratisé ces dernières années. Il investit désormais les stations alpines, dans le contexte d’une demande générale de diversification des activités lors d’un séjour « au ski ». De Belledonne à l’Oisans en passant par le Taillefer ou la Chartreuse, l’Isère propose un terrain de jeu idéal pour sa pratique.

Loin d’être nouvelle, la pratique du ski de randonnée a largement évolué depuis une petite dizaine d’années. Alors qu’elle se cantonnait essentiellement à une période bien précise – le printemps – et s’adressait quasi-exclusivement à des montagnards aguerris, si ce n’est des alpinistes, elle touche aujourd’hui aussi bien le sportif en « collant-pipette » que le vacancier lambda en quête d’une nouvelle expérience. « On assiste à un véritable engouement, au-delà des cercles habituels. Le ski de rando plaît parce que c’est une pratique de pleine nature permettant d’aller au-delà des domaines skiables. Il répond à une envie de faire autre chose que du ski alpin lors d’un séjour hivernal à la montagne, d’autant qu’avec l’amélioration des remontées mécaniques, les gens skient moins longtemps qu’avant, ils ont donc du temps pour faire autre chose. Ils ont aussi envie de faire du sport, sans forcément vouloir se confronter à l’environnement complexe de la montagne. C’est ce qui explique le développement des parcours balisés en station », analyse Hervé Bodeau, responsable du développement et de l’attractivité du territoire à Isère Tourisme.

Manipulation des peaux de phoque avant d’attaquer la montée à l’écart des pistes de l’Alpe d’Huez ! ©Laurent Salino

Découverte sécurisée de la montagne

Sur les 47 stations françaises – selon les données de France Montagnes – ayant créé des itinéraires balisés, 8 se trouvent en Isère : l’Alpe du Grand Serre et les 2 Alpes (3 parcours chacune), Chamrousse et Saint-Pierre-de-Chartreuse (2 parcours), l’Alpe d’Huez, Oz-en-Oisans, le col de Porte et Saint-Hilaire-du-Touvet (1 parcours). «Ces itinéraires séduisent aussi bien les skieurs de randonnée traditionnels – pour un entraînement rapide et/ou pour pratiquer les jours de mauvais temps – que des novices qui n’oseraient pas forcément franchir le pas. On peut faire le parallèle avec l’escalade en salle ou avec le trail, dans le sens où ces parcours balisés de ski de rando permettent de découvrir l’activité en particulier, la montagne en général, de façon plus sécurisée », estime Hervé Bodeau.

Ascension à Chamrousse ©Caroline Ustarroz

Isère Tourisme, à travers sa marque Alpes Is(H)ere, entend bien mettre à l’honneur le ski de rando, « parce qu’il fait écho à la diversification des activités pratiquées lors d’un séjour hivernal en montagne. L’Isère est un territoire nature, idéal pour sa pratique, en particulier dans Belledonne, qui est un massif majeur du ski de rando en France, comme les Aravis ou les Aiguilles Rouges», conclut Hervé Bodeau, lui-même pratiquant régulier de cette activité.

Martin Léger

Photo de Une : Ski de rando à l’Alpe d’Huez © Bruno Longo