Avec ses 32 kilomètres de long, ses 2500 mètres de dénivelé, ses 1400 concurrents de 19 nationalités différentes et son fameux départ groupé sur la neige du glacier de Sarenne, la Mégavalanche est une épreuve mythique du VTT. C’est LA course que tout vététiste digne de ce nom doit avoir fait au moins une fois dans sa vie. Reportage à l’occasion de l’édition 2007. Photos et vidéo.

Départ dans trente secondes. Les riders ajustent leurs masques, les rotors des hélicos qui filment la course tournent à plein régime, les spectateurs dégainent leurs caméscopes et appareils photo. « Alarma – el ritmo fatal – la bomba – alarma ! » crache sur un rythme endiablé de musique tekno la sono installée au sommet du Pic Blanc, à 3330 mètres d’altitude. L’ambiance est surréaliste. Les concurrents se mettent à hurler, autant pour montrer leur joie d’être là que pour évacuer la tension bien légitime avant de s’élancer. « Avant le départ, on n’en mène pas large », témoigne Julien Nayener, pilote amateur venu de Belfort.

Et c’est parti ! Une véritable marée humaine déferle sur la neige du glacier de Sarenne. Si les premiers concurrents parviennent à rester tant bien que mal sur leur vélo, la tâche s’avère beaucoup plus délicate pour les autres. « Etant donné que le glacier est labouré avec des traces de partout et que la neige est molle, on négocie cette première partie de course comme on peut, tout à l’arrache ! », nous expliquait Ophélie David juste avant le départ. La championne du monde de ski cross (2è au final) avait vu juste : les premières minutes de descente ressemblent davantage à une course de luge qu’à une compétition de VTT !

Pendant que le Suisse René Whildhaber file vers Allemont où il décroche une cinquième victoire (record de l’épreuve), Julien Nayener remonte vers la gare du téléphérique. « La manette du frein arrière m’a lâché. Dans ces conditions, il était plus prudent d’abandonner. Ça fait ch…, mais bon au moins je ne me suis rien cassé », se console ce concurrent tout juste remis d’une fracture du bras, à la suite d’une chute… en VTT.

Polyvalence exigée

Julien n’aura pas pu s’exprimer sur la suite de la Mégavalanche : le pierrier après la crête de l’Herpie, les « single tracks » (sentiers étroits) très roulants tracés dans les alpages qui plongent sur L’Alpe-d’Huez, le sentier panoramique entre L’Alpe et Villard-Reculas – où les concurrents ont le bout gauche de leur guidon au-dessus de 700 mètres de vide – et enfin les chemins de terre assez techniques dans la forêt de Sardonne, pour plonger sur Allemont ou était jugée l’arrivée. « Ce parcours très varié est à la fois technique et physique, notamment en raison de nombreuses relances. La Mégavalanche de L’Alpe-d’Huez demande une grande polyvalence. C’est sans doute pour cela qu’elle est devenue si mythique et qu’elle attire aussi bien des spécialistes de la descente que des adeptes du cross-country », analyse l’organisateur George Edwards.
René Whildhaber appartient à la première catégorie, puisqu’il participe aux épreuves de descente sprint de coupe du monde. Très détendu après l’arrivée, le Suisse nous expliquait qu’il devait sa victoire à une « part de chance, une bonne préparation et surtout au plaisir de rouler ». Tout simplement.

Martin Léger

Les résultats 2007 :
Hommes : 1. René Wildhaber (Suisse) en 48 minutes 39 secondes et 90 centièmes. 2 Tomas Misser (Espagne) à 37 secondes. 3. Gregory Doucende (France) à 53 secondes.
Dames : 1. Pauline Dieffenthaler (France) en 1 heure, dix minutes et 42 secondes. 2. Ophélie David (France) à 32 secondes. 3. Malika Malone (France) à 2 minutes et 28 secondes.