Prévue initialement samedi 29 septembre, l’ouverture des pistes de ski du glacier de Tignes ne pourra pas avoir lieu. Une situation certes inédite pour la station, mais qui intervient après un été quasiment record en termes de chaleur, dans un contexte de réchauffement climatique global.

« Excepté au-dessus de 3300 m d’altitude, où il reste un peu de neige, on est sur de la glace vive », explique Damien Grange, directeur adjoint de la régie des pistes. Difficile dans ces conditions d’envisager une ouverture, puisque les pistes exploitées à cette époque de l’année se trouvent entre 3450 et 2900 m d’altitude. « C’est la première fois depuis qu’on exploite le glacier à l’automne qu’on doit reporter l’ouverture », ajoute Damien Grange.
Même si les équipes de la station préparent actuellement le glacier – avec des pelles mécaniques et des dameuses – l’ouverture reste bien évidemment conditionnée à des chutes de neige dignes de ce nom. « Il nous faudrait une vingtaine de centimètres pour ouvrir. Et encore, cela ne nous permettrait d’offrir des conditions correctes que pour descendre, mais pas suffisantes pour ouvrir les téléskis. Autrement dit, les skieurs pourraient tourner uniquement sur le téléphérique de la Grande Motte, mais pas sur les pistes desservies par les téléskis Rosolin et 3500. Pour qu’on puisse aussi ouvrir ces téléskis, on a besoin de 40 cm de neige », précise Damien Grange. Et malheureusement, aucune chute n’est annoncée dans les jours à venir.

Le glacier de Tignes il y a un an jour pour jour (27 septembre 2017) ©capture d’écran de la webcam

Bref, impossible à l’heure actuelle de donner une date prévisionnelle d’ouverture du glacier. Seule certitude : à partir du moment où l’or blanc daignera venir se poser de façon suffisamment conséquente sur le glacier de Tignes, « il faudra compter une seule journée de préparation pour ouvrir, grâce au travail déjà effectué en amont », affirme le directeur adjoint de la régie des pistes de Tignes.
Ce report de l’ouverture de la saison de ski intervient dans un contexte de réchauffement climatique, après un été record en termes de chaleur, sur toute la France (le deuxième le plus chaud depuis 1900 après celui de 2003), et la Savoie n’a pas échappée à cette situation. Cela s’est notamment traduit par d’importants épisodes de sécheresse.

Il faudra une chute d’au moins 40 cm de neige avant de pouvoir skier sur les pistes rouges desservies par les téléskis 3500 (photo archive du 13 novembre 2014) © Martin Léger

Ainsi, le 31 août, après que le seuil d’ « alerte renforcée » (soit le troisième niveau le plus élevé sur quatre, juste en-dessous de la « crise ») ait été atteint sur le bassin de la Combe de Savoie – Val Gelon, que le bassin du Chéran demeure en alerte renforcée, les bassins versants du lac du Bourget et de l’avant-pays savoyard en « situation d’alerte » (deuxième seuil sur quatre) et le reste du département en « vigilance » (premier seuil), le préfet de Savoie avait pris un arrêté de limitation des usages d’eau « non indispensables » (interdiction du lavage des véhicules et du remplissage des piscines privées, réglementation stricte pour l’arrosage des pelouses, espaces verts publics et privés, stades et espaces sportifs, golfs…), dans le but de réserver la ressource (en eau) aux usages prioritaires et de sauvegarder les écosystèmes aquatiques. Un premier arrêté préfectoral en ce sens avait déjà été pris le 7 août.

Martin Léger

Photo de une : Le glacier de La Grande Motte, jeudi 27 septembre 2018 ©capture d’écran de la webcam

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