Val d’Isère a mobilisé toutes ses forces vives pour reprendre au pied levé les épreuves de coupe du monde annulées à Chamonix. La victoire de Pierre-Emmanuel Dalcin lors de la descente est venue récompenser les gros efforts consentis. Retour sur un week-end qui a redonné le sourire à la grande famille du ski français.

Raquette d’arrivée de la piste Oreiller-Killy, samedi 20 janvier aux environs de 14 heures. Gilles Brenier, patron de l’équipe de France masculine de ski alpin, vient congratuler Emmanuel Couder, directeur du club des sports de Val d’Isère. « Tu vois Manu que ça valait le coup de se battre pour récupérer l’épreuve, on ne pouvait pas rêver plus belle récompense ! ». Cette récompense, c’est la victoire décrochée quelques minutes auparavant par Pierre-Emmanuel Dalcin, sa première en coupe du monde. Le skieur de Val Cenis a ainsi succédé à Luc Alphand, dernier vainqueur français en Haute-Tarentaise (chez les hommes), en 1995.
Pourtant, la partie était loin d’être gagnée. Val d’Isère n’a eu que onze jours pour se préparer à accueillir le Cirque Blanc. « Ça a été une véritable course contre la montre, assure Emmanuel Couder. Nous n’étions que 200 personnes, au lieu de 400 habituellement sur le Critérium de la première neige. Nous avons dû installer tous les filets de sécurité autour de la piste en seulement trois jours, au lieu de quinze en temps normal. » Autre paramètre délicat à gérer : le logement des coureurs et des équipes, à une époque de l’année où le taux de remplissage des lits commerciaux est de 80 %. Des structures telles que le Club Med ou l’UCPA ont ainsi prêté main forte aux hôtels pour accueillir les skieurs et leurs encadrements.

                                        La neige était bien au rendez-vous à Val d’Isère ! 

Bénéfique en termes d’’image

Autant dire qu’au niveau des retombées économiques, cette reprise de coupe du monde n’a pas eu le même impact que les épreuves du Critérium de la 1ère Neige. « Lorsque nous accueillons la coupe du monde au mois de décembre, ça nous permet de remplir la station à une époque où les touristes sont encore peu nombreux. Cette reprise nous apporte seulement un intéressant complément d’activité. Mais c’est en revanche très bénéfique en termes d’image. Ça permet de montrer au grand public qu’il y a de la neige en ce moment à Val d’Isère en particulier et en France en général, et ce n’est pas négligeable vu le contexte actuel », estime Michel Giraudy, directeur de l’office du tourisme.
Alain Méthiaz, président de la Fédération française de ski, était également ravi que la coupe du monde ait pu rester en France (la station suisse de Saint-Moritz s’était portée candidate pour reprendre les épreuves annulées à Chamonix). « C’est extrêmement positif de voir que la solidarité a joué à fond, puisque des membres du club des sports de Chamonix et de Megève ont donné un coup de main pour le bon déroulement des épreuves, ici à Val d’Isère. C’est important de démontrer à la Fédération internationale de ski notre capacité d’organiser des épreuves même dans l’urgence. Non seulement pour pérenniser les courses déjà en place, mais aussi pour en obtenir de nouvelles, puisque des stations comme Courchevel ou La Plagne aimeraient accueillir la coupe du monde à l’avenir. »

                                         Pierrot Dalcin avec ses parents et son frère Julian (en bleu)

Bref, avant même de connaître le dénouement des épreuves (à noter que le super-combiné prévu a dû être annulé à cause du brouillard), la satisfaction était totale dans le clan français. La victoire de Pierrot Dalcin, associée à la belle quatrième place de Yannick Bertrand, n’aura fait qu’amplifier ce sentiment.

Martin Léger