Du 10 au 19 octobre, la Savoyarde Sophie Blanchedeau participera avec deux collègues de la SNCF (où elle est en charge des sujets de mixités au sein de l’entreprise) au Raid Amazones, au Sri Lanka. VTT, trail et canöe sont au programme de ce raid multisports réservé aux femmes. Pour l’équipe « Osons au féminin », l’objectif sera d’abord de montrer qu’avec de la volonté et une bonne préparation, de nombreux défis sont réalisables.

Un trail de 16 km le premier jour, 15 km de canoë le deuxième jour, 48 km de VTT le troisième jour, une chasse aux trésors le quatrième jour (avec notamment du tir à l’arc), de nouveau 15 km de canoë le cinquième jour et 9 km de trail le sixième et dernier jour de course. Le programme du Raid Amazone 2018 s’annonce certes corsé, mais pas insurmontable. Surtout pour une sportive régulière comme Sophie Blanchedeau, 43 ans, adepte de la course à pied (à raison de trois séances par semaine, avec des participations régulières à des 10 km sur route ou des trails courte distance). « Je fais aussi un peu de vélo – route ou VTT – environ une fois tous les quinze jours, voire plutôt une fois par semaine pendant l’été. L’hiver, je pratique le ski de fond – une fois par semaine – et le ski alpin, environ une fois tous les quinze jours », explique l’ambassadrice Alpes du réseau SNCF au Féminin, qui habite à Aix-les-Bains.  Pour autant, deux éléments risquent de rendre la tâche plus compliquée que prévu à la seule lecture des chiffres : « Le climat chaud et humide, avec des conditions dans lesquelles on n’aura pas pu s’entraîner. Mais aussi l’enchaînement des épreuves, avec en particulier les trois premières journées, assez intenses ».

Sophie Blanchedeau (à gauche) pratique régulièrement la course à pied, sur route, en trail ou sur neige, comme ici à la Yeti Race, à la Plagne © DR

Plus sportive que ses deux acolytes – Nathalie Thermeulen, d’Arras, et Anne-Lise Duchatelle, de Nanterre – Sophie Blanchedeau ne se considère pas comme leader au sein de l’équipe. Bien sûr, elle compte les faire profiter de son expérience en termes de récupération et d’étirements, mais « je ne donnerai pas forcément le rythme. Parce que s’il est trop élevé, je risque de faire exploser mes coéquipières. Mieux vaut adopter une allure un peu moins soutenue, et ne pas hésiter à nous encourager si l’une d’entre nous a plus de difficultés. Après, sur le canoë, comme aucune n’en a jamais fait, nous serons au même niveau ».
De toute façon, l’équipe Osons au féminin ne se fixe pas d’objectif de résultats, « mais plutôt de terminer en équipe, et surtout de s’entraider ». Pour autant, les trois équipières du réseau SNCF au féminin n’arriveront pas au Sri Lanka en touristes. Depuis novembre 2017 – date à laquelle elles ont décidé de s’inscrire au Raid Amazone – elles se sont préparées chacune de leur côté, avec sérieux. Elles ont aussi réalisé deux entraînements communs : l’un en VTT en compagnie de la snowboardeuse Sophie Rodriguez (collège de Sophie Blanchedeau à la SNCF), l’autre en canoë avec Pierre Picco, quadruple champion du monde de slalom en canoë biplace.

L’épreuve de canoë – 15 km, soit environ 3h d’effort – s’annonce peut-être comme la plus redoutable pour les trois équipières d’Osons au féminin © DR

« L’idée, c’est surtout de montrer qu’un défi, quel qu’il soit, est réalisable, à condition de s’en donner les moyens. On veut promouvoir une image dynamique. Il s’agit vraiment d’inciter les gens, et notamment les femmes, à oser. Que ce soit pour se lancer dans certains métiers – où on a du mal à recruter des femmes, au seins de la SNCF – ou pour tout projet, de quelque nature que ce soit », explique Sophie Blanchedeau. Afin de faire passer le message, les trois équipières ont déjà communiqué en interne en amont de la course. Pendant celles-ci, il sera possible de les suivre en direct sur une page Facebook dédiée (Osons au féminin), grâce notamment à des capteurs qu’elles porteront afin d’être géolocalisées, mais aussi avec la publication régulière de photos et vidéos retraçant leur aventure. Enfin, quelques jours seulement après leur retour – le 23 octobre à Paris – elles animeront une conférence pour faire partager leur expérience sri lankaise à leurs collègues de la SNCF.

Martin Léger

Photo de une : Nathalie Thermeulen, Sophie Blanchedeau et Anne-Lise Duchatelle (de gauche à droite), au cours d’un entrainement commun en VTT, vers le lac du Bourget © DR