Actumontagne.com a suivi la descente messieurs de Coupe du monde de Val d’Isère, le 11 décembre, au coeur du fan club de Sébastien Fournier-Bidoz, coureur du Grand Bornand. Ambiance.

  

Sommet de la piste Oreiller-Killy, une demi-heure avant le départ. Les coureurs peaufinent les derniers réglages, tentent de visualiser chaque passage de la descente. Contrastant avec le calme des skieurs, un joyeux vacarme, mêlant cloches et cornes de brume, résonne 1000 mètres plus bas, dans l’aire d’arrivée. Là où sont massés des centaines de fans de toutes nationalités.

Parmi ces supporters, ceux de Sébastien Fournier-Bidoz, du Grand Bornand, "mais natif du Petit Bornand", précise son fan club. Un fan club fort d’une quarantaine de fidèles hauts en couleurs. Avec Suzanne, la maman, au chapeau blanc à la Davy Crockett, Armelle – la première monitrice de ski de Sébastien – qui arbore fièrement sa casquette du ski club du Petit Bornand. Sans oublier Eric et sa bouteille de gnôle –de la gentiane précisément-, Yvan, Claude et Maurice avec leurs cloches, les petits cousins qui ont séché l’école pour l’occasion…Et puis le père et le frère de Sébastien, restés au pays pour s’occuper du restaurant familial mais bien présents par la pensée.

 Folie furieuse pour Denériaz 

Après un passage par un stand d’animation pour tenter de gagner des cadeaux, il est temps de trouver l’endroit idéal pour regarder la course. Ce sera en face de l’écran géant, au soleil.

Les premiers concurrents entrent en piste. Chaque coureur a droit à sa salve d’applaudissement lorsqu’il franchit la ligne d’arrivée. Les applaudissements, oui, mais pas la symphonie de cloches. "On ne va quand même pas se mettre à encourager les Suisses ou les Autrichiens", plaisante Eric, avec son accent typique de Haute-Savoie. Et puis il faut garder des forces pour Seb, qui doit s’élancer avec le dossard 31, juste après les favoris.

La frénésie qui s’empare du fan club lors des passages des premiers Français annonce une grosse ambiance pour la suite. Malgré quelques temps morts, ça se confirme lors de la descente de Bode Miller, leader de la Coupe du monde. Quelques minutes plus tard, lorsqu’Antoine Denériaz, meilleur descendeur français actuel et grand pote de Sébastien, se présente au départ, ça devient de la folie furieuse. Pendant deux minutes, les cloches résonnent en continu. Au même moment, à quelques mètres de là, les membres du fan club de Pierre-Emmanuel Dalcin ont allumé des fumigènes.

Vient enfin le tour de Sébastien. Mathilde, sa petite cousine de 5 ans, monte sur les épaules de son père pour bien voir la course. Armelle et les autres donnent de la voix, tandis que Claude sonne sa cloche le plus fort possible, malgré ses ampoules aux doigts à force de l’agiter. A l’arrivée, tous ont les yeux rivés sur le chrono, qui annonce le 19ème temps. Une position que Seb parviendra à conserver jusqu’au bout, pour le plus grand bonheur de son fan club. Et de sa première supportrice, sa mère Suzanne, "soulagée qu’il soit arrivé en bas entier". D’autant plus que son fils sort d’une saison blanche en raison d’une rupture des ligaments croisés du genou.

L’idole rejoint ses fans 

La fin de course se déroule dans une ambiance plus feutrée. Entre un coup de fil passé aux fans restés au Petit Bornand et un toast porté aux premiers points marqués cette année par Seb en coupe du monde, ses supporters reprennent tout de même du service pour le passage des derniers Français.

Avant la récompense finale, quand l’idole vient rejoindre son fan club après la course, passant de longues minutes à signer des autographes aux enfants du ski club et à poser pour des photos souvenirs. Un juste retour des choses selon l’intéressé : "Bien que, excepté au départ, je n’entende pas les encouragements pendant la course parce que je suis dans ma bulle, je sais que mes fans sont là et ça me motive. Même s’il y a un peu plus de pression que lorsque je cours à l’étranger, c’est vraiment une pression positive", confie Sébastien Fournier-Bidoz.

Après toutes ces émotions, place à l’apéro à l’Ayse, "un vin blanc du Bugey qui nettoie les carreaux les bonnes années, et les raye les mauvaises", selon l’un des fans.

 Martin Léger