Zecamp, un centre d’hébergement conçu par et pour les sportifs, ouvre ses portes cet automne à Corrençon-en-Vercors, au niveau du golf. A sa tête, on retrouve les deux anciens biathlètes de l’équipe de France, Loïs Habert et sa femme Marie Dorin-Habert (retraitée depuis mars dernier) et le fondeur Robin Duvillard, qui poursuit lui sa carrière de sportif de haut niveau. Ce dernier nous en dit plus sur Zecamp.

Actumontagne.com : Comment est né le projet Zecamp ?
Robin Duvillard : Nous avons été co-locataires pendant dix ans, sur Villard-de-Lans, avec Loïs et Marie. Lorsqu’on évoquait notre reconversion, on se disait qu’on aimerait bien continuer à faire des choses ensemble. Le fil conducteur, c’était l’envie de faire partager l’amour de notre territoire et notre passion pour le sport. On s’est rendu compte qu’il manquait un logement qui soit vraiment adapté aux besoins des sportifs. Donc pourquoi ne pas le créer nous-mêmes ?

Pourquoi le choix de s’établir au niveau du golf de Corrençon-en-Vercors ?
C’est un endroit idéal, puisqu’on se situe au départ des pistes de ski de fond en hiver (et des pistes de ski-roues le reste de l’année). On a eu une belle opportunité avec la mairie de Corrençon. C’est un projet qui nous a coûté 1,5 millions d’euros au total. Loïs, Marie et moi sommes actionnaires majoritaires, et nous sommes associés à une société hôtelière basée à Lyon. Nous avons créé deux structures : une SCI pour le bâtiment en lui-même, et une SAS pour les activités (exploitation, stages,etc). Les travaux ont pris neuf mois effectifs, mais se sont étalés sur un an à cause d’une interruption de trois mois cet hiver.

Robin Duvillard, 34 ans, compte une médaille olympique (le bronze sur le relais 4 x 10 km des Jeux de Sotchi, en 2014) une médaille mondiale (toujours le bronze, sur le relais 4 x 10 km à Falun, en Suède, en 2015) et un podium en coupe du monde (2ème du 9 km poursuite de Val di Fiemme en 2016) © Rossignol

Que trouve-t-on dans Zecamp ?
Au niveau du logement, nous avons 16 chambres, de deux, quatre ou six personnes. Il y a un restaurant ouvert matin, midi et soir, aussi bien aux clients du centre qu’aux visiteurs extérieurs. Le petit déjeuner est plutôt de type continental (œufs, charcuterie, etc, en plus des tartines, céréales, yaourts…). Ceci afin d’être vraiment adapté aux sportifs, tout comme les autres repas, que ce soit en quantité, qualité (orienté sur la nutrition sportive) et en organisation, avec des buffets pour les entrées et les desserts, et des plats chauds régulièrement réapprovisionnés. Bref, on peut manger rapidement. Mais si on a le temps, on peut aussi choisir une formule à la carte, plus artisanale, qui met en valeur les produits de saison (avec donc une carte plus réduite) et un service à table. On trouve aussi dans le centre une salle de musculation, une salle de massages avec des tables, une salle de récupération avec des bains froids, un espace de stockage pour le matériel.

« Zecamp », pendant les travaux © DR

A qui s’adresse Zecamp ?
Il y a tout ce que cherchent les sportifs de haut niveau. Nous allons notamment accueillir l’équipe de France de biathlon pendant dix jours début octobre. A l’avenir, nous pourrions aussi avoir d’autres équipes nationales de ski de fond ou de biathlon. Mais nul besoin d’être sportif de haut niveau. Nous nous adressons vraiment à tout le monde, de l’amateur au champion international, en passant par les séminaires d’entreprises. Nous souhaitons apporter nos conseils à tous, afin de transmettre ce que le sport nous a apporté.

Après plusieurs tentatives infructueuses (comme ici en 2014), Robin Duvillard a enfin réussi à remporter la Foulée Blanche, en 2018 © Sylvie Chappaz

Quelles prestations allez-vous proposer ?
Pour cet hiver, nous allons nous concentrer sur deux produits. D’une part une activité de biathlon loisir, encadrée par Marie et Loïs. D’autre part un stage de préparation à la Foulée Blanche (pour le 42 km skating), sur lequel j’interviendrai, de même que différents experts (en diététique, préparation des skis, etc) avec qui je travaille depuis des années. Ce stage regroupera 6 à 12 personnes, de niveau intermédiaire ou confirmé. J’échangerai avec eux par téléphone et mail pour définir et adapter un plan d’entraînement personnalisé. Je serai aussi bien évidemment présent sur les deux rassemblements qui auront lieu du 26 au 28 octobre (en ski-roues) et du 21 au 23 décembre (sur neige). Ce stage coûte 1490 €, sachant que s’il fallait payer les différentes prestations à l’unité, on serait plutôt entre 3000 et 4000 euros. Pour le moment, nous n’avons pas d’autres prestations proposées, parce que nous préférons en faire peu, mais le faire bien. A l’avenir, nous devrions toutefois pouvoir proposer d’autres produits.

Propos recueillis par Martin Léger

Photos de tête : Zecamp sera situé au pied des pistes de ski-roues et de ski de fond de Corrençon-en-Vercors © DR