Du 22 mars au 2 avril, Saint-Gervais confirme son engouement pour le télémark en organisant son traditionnel derby de la Bonne Bambée, assorti de rencontres franco-norvégiennes et d’animations en tous genres. Présentation avec les deux frères Coulmy, fervents promoteurs de cette discipline.

Sur les pistes, les Saint-Gervolains Nicolas et Dominique Coulmy reviennent parfois au ski classique, le temps d’une compétition et d’un coup de main officiel –la coupe du monde de ski-cross début janvier aux Contamines-Montjoie. Façon de rappeler que le télémark, autrefois exclusif et élitiste, a aujourd’hui à dire dans le concert de la glisse. "Le nombre de licenciés télémark au sein de la fédération française de ski a augmenté de plus de 20 % en 2004", confirme Nicolas, responsable du département sportif et scientifique au sein de la fédération française de ski et entraîneur de Amy-Laure N’Guyen, championne du monde de télémark. Un étonnant succès, loin des media, à mettre sur le compte de la compétition, qui a permis, selon les deux frères, de faire évoluer la discipline et le matériel. "On commence à prendre le télémark comme un moyen d’entraînement pour d’autres disciplines, rappelle Dominique, responsable du service course de la marque Fischer. "Hermann Maier, Lasse Kjus  et d’autres, le pratiquent pour son intérêt technique". A Saint-Gervais, un des berceaux de la discipline en France, le télémark est vite monté en neige. C’est depuis la station que l’AFT (Association française de télémark), née en 1987, a contribué au développement de la discipline avant d’être dissoute en 2004 -sur leur commune, les frères Coulmy ont organisé des courses officielles et des épreuves du championnat de France. Au-delà de la compétition, le télémark a aussi tracé son succès dans ces derbys bon enfant illustrant l’adage des adeptes : "Talon libre, esprit libre". Nicolas et Dominique ont ainsi créé un événement populaire et festif, la Bonne Bambée, en dehors du cahier des charges fédéral. Un véritable rendez-vous identitaire "rentré dans la culture de la station", rappelle Nicolas.
Cette année, la Bonne Bambée rebondit. "Elle dure une semaine et on fait un petit clin d’œil à la Norvège, berceau de la discipline (…", résume Nicolas.  "On est tombé sur une directrice d’office de tourisme réceptive (NDLR : Catherine Claude), qui avait des contacts en Norvège. Ça a facilité les choses".
Résultat : du 26 mars au 2 avril, Saint-Gervais organise une semaine franco-norvégienne fort animée, avec, autour de la Bonne Bambée, rallye hors-piste consistant à relier le sommet du Mont-Joly aux bas de la station de Saint-Nicolas de Véroce -1000 m de dénivelée-, une foule d’animations. Démonstration de Big Air en telemark, courses nocturnes, initiation à la discipline, prêt de matériel, projection de films, jazz et cuisine norvégiens…
Un souffle "norvégo-saint-gervolin" qui devrait libérer plus d’un talon !
Laurent Gannaz