Prenant en compte le fait que les enfants démarrent le ski de plus en plus jeunes, les ESF ont recadré le niveau de leurs célèbres tests et créé un palier supplémentaire entre la 3e étoile et l’étoile d’or : l’étoile de bronze. Explications.

En moins d’une décennie, l’âge minimum pour commencer l’apprentissage du ski dans les ESF est passé en moyenne de 4/5 ans à 3 ans. "Résultat, à tout juste 6/7 ans, les enfants arrivent à décrocher la 3e étoile alors qu’avant, elle se passait plutôt aux alentours de 10 ans", constate Eric Gravier, directeur de l’ESF des Deux-Alpes, membre de la commission technique au Syndicat national des moniteurs du ski français. Mais à 6 ans, vouloir réussir le test suivant, à savoir l’étoile d’or, sésame pour la compétition, est quasi-impossible. Et pour cause, à cet âge-là, sauf exception, les enfants n’ont tout simplement pas les aptitudes physiques requises. L’étoile d’or mesure la capacité des jeunes élèves à effectuer un slalom géant chronométré et à réaliser des enchaînements techniques en virages ou en godille sur terrains variés. Des exercices nécessitant une motricité qui ne s’acquiert qu’un peu plus tard. «Or, pour ces enfants qui étaient très bien partis, ne pas réussir à franchir ce palier est source d’une grande déception», souligne Jean-Yves Noyrey, directeur de l’ESF de L’Alpe-d’Huez, également membre de la commission technique du SNMSF. «Devoir végéter au niveau 3e étoile une à deux saisons supplémentaires en démotive, voire en décourage plus d’un».

Un objectif à chaque saison

D’où la décision des pulls rouges de revoir le niveau des tests avant la 1ère étoile et au-delà de la 3e pour étaler davantage la progression des bambins. Ainsi, l’ourson, qui était jusqu’à l’an dernier une récompense –donnée systématiquement après la semaine de stage – devient le tout premier test de ski. Suivent le flocon, dont le niveau a été relevé, puis la 1ère étoile, elle aussi tirée vers le haut. Pas de changement pour les deux suivantes, bien calibrées. "En revanche, nous avons décidé de créer un palier supplémentaire entre la 3e étoile et l’étoile d’or, l’étoile de bronze, dont le but est de permettre de mieux préparer les élèves au niveau supérieur", ajoute le moniteur de ski de L’Alpe-d’Huez.  «On colle mieux à la réalité et surtout on évite les frustrations côté enfants comme côté parents car nos jeunes élèves auront finalement un objectif à chaque saison».

 

L’étoile de bronze, la petite dernière à décrocher !

Les professionnels de l’enseignement du ski mettent cependant en garde ceux qui penseraient que désormais, "une semaine de ski, égale une médaille". "Cette décision de revoir nos tests relève d’une réflexion technique et non pas d’une motivation mercantile. Pour chaque test, l’élève doit atteindre un niveau technique bien précis. La réussite aux tests n’est pas garantie", prévient Eric Gravier. "Avec ce nouvel échelon, nous allons éviter le découragement de nos élèves mais pas question de brader nos examens, notre crédibilité est en jeu».
Cet hiver, année de mise en route des nouveaux tests, toutes les écoles de ski n’auront toutefois pas forcément un cours spécifiquement étoile de bronze. En particulier les plus petites d’entre elles qui ont plus de difficultés à constituer des groupes d’élèves homogènes au-delà de la 3e étoile. «Créer un niveau supplémentaire complique les choses pour les petites structures», témoigne Nadine Closier, directrice de l’ESF de Méaudre, qui, néanmoins "positive" et promet de s’adapter. En formant, par exemple, un groupe mélangeant les skieurs candidats soit à l’étoile de bronze, soit à l’étoile d’or, et en individualisant les exercices, ce qui, in fine, est le rôle de tout enseignant.
Sophie Chanaron